Peupliers de France

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Les risques potentiels

Les risques sont inhérents à tout projet : le risque zéro n'existe pas.

La gestion des forêts, et en l'occurrence des peupliers, doit prendre en compte les risques d'une part pour tenter de les éviter ou de les réduire au minimum, d'autre part pour en évaluer les conséquences possibles et éventuellement envisager les assurances adéquates.

Les risques "humains" et les clés de succès

Des erreurs sur quelques points techniques peuvent mettre la peupleraie en situation de vulnérabilité... et même induire des échecs importants.

Les tutoriels vidéo expliquent d'une part quelles sont les bonnes pratiques, et d'autre part les erreurs à éviter.
Ci-dessous un rappel de quelques points techniques clés.

Adapter le cultivar à la station

Pour mettre le maximum de chances de son côté, il est indispensable de commencer par bien choisir le cultivar en fonction de la station (ensemble sol-climat).  Un cultivar inadapté aura une croissance moindre à bien moindre, et ce n'est certainement pas ce que l'on veut.

Des professionnels peuvent vous aider pour le diagnostic indispensable.

Vous trouverez les caractéristiques des cultivars et leurs besoins sur cette page.

La préparation du sol et la plantation

Parmi les clés de succès figurent 1) la bonne préparation du sol avant la plantation quand c'est nécessaire, et 2) la plantation. (voyez ici)

Faire des économies sur ces deux phases, c'est créer fréquemment les conditions d'un échec économique.

Par exemple un défaut de préparation du sol alors que c'est nécessaire va augmenter la durée de la phase de reprise des plants. Les conséquences en seront généralement les suivantes :

  • Dans le meilleur des cas, le démarrage lent représente des années perdues, ce qui impacte le bilan économique global.
  • Un démarrage difficile allonge la période de forte sensibilité au stress hydrique, ce qui accroit le risque sanitaire et le risque de mortalité.
  • Dans le pire des cas, cela peut se traduirepar la mortalité des jeunes plants dès la première ou la deuxième année.

La faune sauvage

Chevreuil

Le risque chevreuil est présent quasiment partout, y compris en peupleraie. Le frottis des jeunes plants est la principale cause de dégâts, en provoquant souvent la mortalité des plants.
Les protections individuelles (gaine en plastique de 1 m de haut) fonctionnent et leur utilisation est fortement conseillée. Prévoir de les retirer lorsque la protection est presque au contact de l'arbre, soit vers 3 ou 4 ans, et les emmener en déchetterie.

Cerf

Autrefois rares, les dégâts de cerf sont en augmentation en particulier depuis quelques années. Ces dégâts (écorçage, casse) concernent les jeunes plantations, ils sont souvent localisés et importants.

Il n'existe pas de protection économiquement viable contre le cerf en peupleraie. De plus, elles sont difficilement utilisables voire inutilisables dans les zones inondables.

Castor

Il a été constaté ces dernières années un accroissement des dommages réalisés par le castor d’Europe sur les peupleraies.  En effet, cette espèce qui a failli disparaître du territoire français connaît une extension de plus en plus rapide. En France, le castor d’Europe a un statut d’espèce protégée. Suite à la confirmation de sa présence dans le nord de la France, le Castor est donc signalé désormais dans toutes les régions françaises à l'exception de la Normandie où l'espèce pourrait faire son retour au cours des prochaines années.

A ce jour, les rares moyens de protection efficaces existants ont un coût tel qu’ils sont incompatibles avec un fonctionnement économique équilibré de la populiculture. De plus, ils peuvent même être totalement inutilisables dans les zones inondables.

Le risque Castor (coupe de l'arbre) existe quel que soit l'âge de la peupleraie. On ne sait pas pour le moment si certains cultivars sont plus appétents que d'autres.

En cas de présence du Castor, il est conseillé de laisser une bande de plusieurs mètres de ripisylve en espérant diminuer ainsi l'impact du castor dans la peupleraie.

En cas de dégâts, il faut impérativement les signaler rapidement à la DDT du département concerné (qui transmettra ensuite à l'OFB). Ce signalement est l'unique moyen pour faire reconnaître l'existence d'impacts du Castor dans les peupleraies.
Liste des DDT.

Les pathogènes

Les rouilles foliaires et le puceron lanigère

Ils représentent les principaux risques sanitaires du peuplier, car potentiellement capables d'induire des dégâts sur de grandes surfaces.

Ces 2 risques sont actuellement maitrisés par le choix de cultivars.

En France, on ne réalise plus de traitement phytosanitaire :

  • ils sont économiquement non-viables,
  • ils ne sont pas en cohérence avec les enjeux environnentaux,
  • et surtout la sélection de cultivars tolérants a permis l'abandon des cultivars sensibles à ces deux risques.

Les bonnes pratiques à suivre

Pour limiter les risques et se donner le maximum de chance d'éviter les dégâts, les bonnes pratiques sont les suivantes :

  • Choisir un ou des cultivars bien adaptés aux conditions locales (station) comme décrit ci-dessus.
  • Dès lors que l'on dépasse 2-3 hectares d'un seul tenant (y compris éventuelles parcelles des voisins), diversifier les cultivars autant que possible.
  • Planter des cultivars qui figurent sur la liste régionalisée en vigueur, car les variétés les plus sensibles en sont exclues. Vous pouvez la consulter sur ce site (dans la bibliothèque) ou sur le site du Ministère de l'agriculture.

Avec ces bonnes pratiques, ma peupleraie est-elle en totale sûreté ?

Depuis de nombreuses années, la sélection des cultivars intègre un critère de tolérance à ces risques sanitaires : ils peuvent donc subir des attaques légères tout en restant en bonne santé et en gardant une croissance correcte. Toutefois, dans le domaine du vivant, peu de choses sont certaines et il reste possible de rencontrer des évènements exceptionnels.

Mais en respectant les critères ci-dessus, vous mettez toutes les chances de votre côté.

En savoir plus sur le puceron lanigère et les rouilles foliaires

Fiche sur le puceron lanigère (Phloeomyzus passerinii)

Fiche sur les rouilles à Melampsora

Les autres risques sanitaires

D'autres maladies (champignons) et autres ravageurs (insectes) existent et sont parfois susceptibles d'être à l'origine de dégâts significatifs. Mais leurs attaques sont localisées et ponctuelles.
Assurer la vigueur des arbres est la meilleure prévention et, le cas échéant, le meilleur gage de guérison rapide.

Principales fiches à consulter :

Saperda carcharias (Grande saperde) Sesia apiformis ou Aegeria apiformis (Grande saisie) Drepanopeziza (anciennement Marssonina, brunissure du Peuplier)
Saperda populnea (Petite saperde) Parenthrene tabaniformis (Petite saisie) Discosporium populeum (Dothichiza du Peuplier, champignon)
Cryptorhynchus lapathi (Charançon de la patience)    

 Pour aller encore plus loin : Liste complète

Si vous constatez une attaque ou une anomalie

Le réflexe : contactez le correspondant-observateur DSF de votre région

  • Pôle interrégional Nord-Ouest
  • Pôle régional Nouvelle-Aquitaine
  • Pôle régional Bourgogne Franche-Comté
  • Pôle régional Grand-Est
  • Pôle interrégional Sud-Est
    • Sur le site de la DRAAF, cliquez sur le dernier bilan des correspondants observateurs, la liste se trouve en fin de chaque by=ulletin départemental
  • Pôle régional Auvergne Rhône-Alpes

Les référents Peuplier du réseau CNPF-IDF sont tous ou quasiment tous correspondants-observateurs du DSF.
Vous les trouverez dans l'annuaire Peuplier sur ce site.

Informations générales sur le DSF (département santé de forêts)

Risques météorologiques

Vents et Tempêtes

Ces risques ne sont pas prévisibles ni maîtrisables.

Sur les secteurs connus comme venteux, on peut préférer des cultivars moins sensibles aux chablis, aux bris de cimes et/ou à la casse de grosses branches. Il existe des différences entre les cultivars.

Au-delà d'une certaines force de vent (environ 120 km/h), aucune précaution ne permet de limiter les dégâts sur des peupleraies adultes. Les orages d'été, quand les arbres sont en feuilles, peuvent aussi créer des dégâts important (casse).

Inondations

Les inondations facilitent la recharge en eau du sol, et leur apport d'éléments minéraux ont un rôle de fertilisation du sol. Ce sont deux éléments favorables à la populiculture.

Cependant elles peuvent aussi être dangereuses pour les jeunes peupleraies, dans les cas où la dynamique d'inondation est forte et charrie des élément volumineux (casse ou renversement de plants).

Assurances

Face à ces risques, il existe des assurances et chaque propriétaire doit peser ses risques en fonction de l'âge et de la situation de chaque parcelle.

Pour en savoir plus sur l'assurance des parcelles forestières, consultez votre assurance, les gestionnaires et experts forestiers, les organisations forestières, qui pourront vous orienter.

Concernant les dégâts de tempêtes : depuis 2017, l'Etat ne prendrait plus en charge le nettoyage et la reconstitution des peuplements forestiers des forêts considérées comme assurables. Voir les art. L351-1 et L351-2 du Code forestier. Cela impliquerait qu'il incombe à chaque propriétaire d'évaluer ses risques tempête et de s'assurer lui-même en conséquence.