Les anciens peupliers ![]()
(Les Peupliers Français - 1947)
(G. Meunier - Ph. Guinier - R. Regnier)
et
(Un arbre utile : Le
peuplier - 1902 L. Breton-Bonnard)
Accueil
- Variétés - Vieux
peupliers belges
Afin de mieux comprendre l'origine et les nom des vieux
peupliers deltoïdes et Euraméricains, cette carte vous situe les zones
approximatives d'origine de certains d'entre eux.

En orange, les
Northern cottonwood : Monilifera (mâle)(Pensylvanie-Ohio) et Virginiana (femelle)(Virginie-Maryland)
En vert, les Southern cottonwood :
Angulata (femelle) et Carolinensis (mâle) et Missouriensis (Missouri, Illinois,
Tennessi) (forme
intermédiaire)
En bleu, les Great plains cottonwood
: Sargentii (forme occidentale acceptée par Preston en 1949)
La localisation des peupliers américains peut-être située entre la latitude 30° (Golfe du Mexique) et 45° (Grands Lacs) et la longitude de 70° à 100°. (Par exemple, l'Oregon à 45° correspond en France à Bordeaux).

Il faut savoir que de nombreux deltoïdes servant aux hybridations à partir des années 1960 en France, Italie et Allemagne proviennent d'un lot de graines récoltées dans le Sud de l'Illinois (P. missouriensis) par le Prof. Scott Pauley. De ces lots le Lux a été sélectionné en Italie, Peoria, Marquette, Lincoln en Allemagne et Alcinde en France.
Sudworth vers 1944 désigne les Virginiana comme les Eastern cottonwood, dénommés Populus deltoïdes Bartram. Pour lui, Missouriensis et Pilosa Sargent forment les Southern cottonwood (Pilosa: Texas et Oklahoma).
Mais en fait, les P. deltoïdes Bartr sont classés en 2 groupes:
- Eastern cottonwood : Angulata, Missouriensis, Virginiana
- Plain cottonwood : Monilifera, Fremontii, Wiszlinezi.
-------
Populus Marylandica (Maryland), Virginiana (Virginie) et Regenerata forment le groupe des CANADAS.
Les Populus canadensis Moench (1785) sont tous des
hybrides de P. deltoïdes x P. nigra importés d'Europe par les colons (P. nigra
var virginiana (Foug.) Castigl. ?)
- Marylandica (nigra x serotina)
- Serotina (virginie x nigra) - Mâle
- Regenerata (marylandica x serotina) - Femelle
- Eugenei (regenerata ou marylandica x nigra italica(peuplier Lombard))
Ceci nous montre, connaissant les anciens peupliers français, l'importance des peupliers d'origine du Maryland et de la Virginie qui sont proche l'un de l'autre.(voir la carte, à l'Est des USA).
Les Nord-américains utilisent le nom de "Carolina poplar" pour désigner certains de leurs peupliers. Il semble que l'origine de cette désignation vienne du sud-ouest de l'Ontario au Canada ou dans les années 50 on nommait le "peuplier de Caroline" un mélange de clones ou étaient représentés surtout des formes voisines de P. robusta, utilisées comme brise-vent dans les plantations de tabac! On y trouvait parfois des hybrides naturels entre peuplier de Caroline et l'indigène P. deltoïdes. Cela voudrait dire que les peupliers de Caroline sont considérés comme étant des hybrides avec P. nigra ? Ce serait l'équivalent de nos P. euraméricains "Populus canadensis Moench". D'autres considèrent qu'il s'agit de P. eugenei (P. pyramidalis metensis) ou encore de P. angulata ou de P. monilifera. ROL en 1950 supposait qu'il pouvait s'agir d'une importation européenne?
La classification des P. deltoïdes Marshall de 1785, a été abandonnée car trop difficile à maîtriser étant donné que les aires de chacun se superposaient et l'hybridation naturelle créant de nombreux nouveaux individus (voir le plan sur la page des peupliers américains). Les américains n'ont jamais reconnu cette classification bien qu'ils admettent des différences entre les types.
Pour vous donner une idée de parents d'origine, voici quelques cultivars que vous connaissez :
| Iowa x Missouri | Iowa x Ontario | Iowa x Illinois | Missouri | Illinois | Iowa | Ontario | Michigan | Michigan x Connecticut | Kanzas |
| Triplo | Ogy | Muur | Flevo | Lux | Isières | Gelrica | Koster | Grimminge | Dvina |
| Beaupré | Ghoy | Oudenberg | Dorskamp | Alcinde | . | . | Hees | . | . |
| Boelare | Primo | Vesten | Panonia | Gibecq | . | . | Hazendans | . | . |
| Raspalje | . | . | . | Gaver | . | . | Hoogvorst | . | . |
| Unal | . | . | . | Lena | . | . | Ellert | . | . |
| Grimminge | . | . | . | Hunnegen | . | . | . | . | . |
| Mississippi (Stoneville) | Angula | Angulata de Chautagne | Angulata (Caroliniano) | Mississippi | Maine | . | . | . | . |
| Carpaccio | H 402 | Brenta | I 214 | Triplo | Agathe F | . | . | . | . |
| L. Avanzo | Robusta | Bellini | I 45/51 | Guardi | Florence Biondi | . | . | . | . |
| Cima | . | . | . | Mella | . | . | . | . | . |
Carolin (Pop. Carolinensis Fougeroux)
Peuplier mâle; port étalé, fut généralement très propre; branches énormes et
espacées, volontiers perpendiculaires au tronc; reconnaissable à la ramure peu dense par
suite d'une décurtation très poussée, en sorte que les feuilles ont tendance à faire
dans le ciel des taches séparées. Feuilles caractéristiques, épaisses, plutôt
grandes,
à contour arrondi et plus longues que larges. Les jeunes rameaux sont sillonnés de
crêtes longitudinales presque ailées. Exigeant en chaleur; ne croit convenablement que
dans le Sud-ouest et le Midi; donne un bois lourd, régulier, très estimé pour le
déroulage et le sciage. Il est d'origine de Caroline du Sud. Il
a été utilisé pour fabriquer l'âme des talons des chaussures de Louis XV.
Populus
Angulata Aiton
Forme femelle du peuplier précédent; peu répandu en France (connu seulement dans la
région de Seyssel-Culloz). Port plus maigre, rameaux davantage retombants. Feuilles un
peu plus petites que Carolin, mais gardant bien sa forme tout en se
rapprochant davantage de la forme deltoïde.
Peuplier
de Chautagne (angulata)
Cultivé sporadiquement dans la région Rhodanienne depuis 1850 jusqu'à 1939. Il a pris une place notable dans les plantations d'après-guerre dans cette région. Sa feuillaison est assez tardive et sa défeuillaison de précocité moyenne. Sensible au phototropisme, il conserve cependant sa bonne rectitude générale. Son écorce de jeunesse est munie de crêtes de liège. Les rameaux sont très fortement anguleux et il donne beaucoup de coton. Il se bouture assez facilement et reprend bien en plantation quel que soit le terrain s'il est bien alimenté en eau. Il craint les fortes gelées. Sa croissance est peu rapide, son bois localement apprécié. Il ne s'est pas trop répandu à cause de son accroissement médiocre.

Serotina
- (le Serotina en Hollandais)
Ou Vieux Suisse. C'est sans doute le premier hybride euraméricain utilisé en France, sa feuillaison est la plus tardive et sa défeuillaison est précoce. La saison de végétation est donc courte, adaptée à des climats nordiques ou montagnards. Sa croissance est lente, son bois de bonne qualité. L'appellation de "Vieux Suisse" est à proscrire car elle permet des confusions avec le régénéré 'Dromling'.
Serotina
Hartig (Peuplier Suisse)
Peuplier male; généralement isolé, souvent dépérissant et chargé de gui; au point de
vue débourrage, le plus tardif des peupliers; encore roux alors que les autres sont
verts; port plutôt étalé; cime en pomme d'arrosoir. Vieux tronc très rugueux et haut;
grosses branches bien séparées. Feuilles semblables à celles du Virginiana. Parfois
appelé Gris de l'Oise, Vieux Gris,
Liard et par certains Virginie
(dans le marais poitevin). M. Sarcé à Pontvallain (Sarthe) l'aurait
sélectionné.
Serotina
de Sélys
C'est un pépiniériste de Bernissen (Tongres) qui aurait fourni des boutures de "Serotina" au baron de Sélys-Longchamps (Waremme) en 1818. Ce serait des mutants gemmaires du Serotina. Il convient comme arbre brise-vent en alignement.
Serotina
de Champagne (Tardif de Champagne)
Peuplier mâle, tardif, débourre bien après le peuplier d'Italie, à jeune feuilles vert jaunâtre. Sa défeuillaison est précoce. Son port est étalé, il a tendance à fourcher et est très sensible au phototropisme. Son écorce reste longtemps blanche. Il est très plastique quant au sol et peu sensible au froid, mais son démarrage est lent. Par contre, il continue à croître d'une façon soutenue au-delà de 15 ans, âge auquel, pour les autres clones, la croissance à tendance à se ralentir. Pour cette raison et à cause de son port étalé, il est préférable de le planter à grand écartement afin d'obtenir de forts diamètres. Son bois est excellent et très apprécié au déroulage. Il est sensible au chancre bactérien.
Serotina
Bleu d'Exaerde
A surtout été cultivé en Belgique, et surtout en arbres d'alignement du Pays de Waes en Belgique. Il était à réserver aux milieux frais et peu fertiles. Il a été recommandé pour peupler d'anciennes décharges. C'est un éco-type frugal à réserver aux milieux frais et peu fertiles. Il a été recommandé avec succès sur des anciens terrains d'immondices.
Virginiana
Fougeroux
Peuplier femelle; feuillaison légèrement tardive par rapport à la moyenne des
peupliers; port large, ouvert, cime rappelant encore la pomme d'arrosoir; tronc
fréquemment sinueux, tordu; écorce sombre à grosses rides longitudinales et trapézoïdales; nombreux chatons, dont le poids donne aux branches une forme arquée,
retombante. Pas mal de branches grosses ou moyennes. Peu ou pas de décurtation en sorte
que l'extrémité des branches reste garnie de beaucoup de rameaux et de feuilles.
Feuilles jamais très grandes, deltoïdes, à contour régulièrement denté généralement
échancré en dedans à la base, mais parfois légèrement rhombique; restant de couleur
légèrement plus claire que celle des Regenerata. Coton abondant tous
les ans ou deux ans. Vigoureux, s'accommodant des sols maigres; abondant sur les quais de
Paris. Appelé parfois le Parisien, le Cotonnier.
Appelé dans la région de Vitry-le-François Canada Blanc.
Semble bien être l'Eucalyptus de Sarcé.
Virginie
de Vittel
Ou de Nancy. Parfois dénommé improprement "Canada", c'est un peuplier deltoïde américain. Arbre de bord de route dans le Nord-Est de la France, il a été utilisé dans la vallée de la Garonne. Sa feuillaison est assez précoce, son tronc généralement droit, ses rameaux longs et anguleux. Il donne beaucoup de coton. Il se bouture facilement, et croit rapidement en pépinière. En plantation, il bénéficie beaucoup du travail du sol. Il craint la sécheresse et est assez exigeant quant au sol.
Serotina
de Poitou
Ou Blanc de Poitou. Voir la fiche.
Virginie
de Frignicourt
A été longtemps considéré comme un peuplier deltoïde alors que c'est un euraméricain. Il est très anciennement cultivé en France, principalement dans la vallée de la Marne et de ses affluents, il a une feuillaison tardive, un peu médiocre. Très sensible au phototropisme, son tronc est souvent sinueux et penché. L'écorce jeune est lisse et de couleur claire. Il se bouture facilement mais il croit lentement en pépinière, les jeunes tiges sont souvent très fortement courbées à la base. En plantation, il démarre toujours lentement, mais par la suite si le sol est frais et riche ou même marécageux bien drainé, sa croissance devient très rapide. Il produit beaucoup de coton et doit être proscrit au voisinage des herbages. Grâce à son enracinement superficiel, il semble s'accommoder, mieux que ses rivaux, d'un sol peu profond à plan d'eau proche de la surface, il supporte bien les inondations prolongées. Il est contre-indiqué en sols semi-terrestres, car son enracinement ne plonge pas en profondeur. Il est sensible à Marssonina brunea. Son bois est tendre, facile à scier et à dérouler, mais fréquemment pelucheux au débit.
Populus
Monilifera (peuplier à colliers).
Est la forme male du Virginiana; grosses branches ascendantes, mais port moins étalé que
le Sérotina. Feuillage très garni; débourrage venant après le Robusta
et le peuplier d'Italie, mais antérieur à celui des peupliers femelles et notamment du Virginiana.
Feuilles semblables à celles de ce dernier. Appelé dans l'Oise Peuplier
de Caroline. On le trouvait dans le nord de l'Italie et en Suisse
(peuplier Suisse). En Angleterre on l'appelait le "Black italian
poplar". Au 18° siècle il a été répandu sous le nom de "Helvetica
nigra italica", on l'appelait aussi P. virginica.
Une de ses variétés : "P. Monilifera Melanoclados" fut connu à Rouen sous le nom de "Peupliers impériaux". Ce serait un polymorphe de Monilifera.

REGENERATA
Populus regenerata Henry = x P. canadensis Moench forma regenerata Rehder
Synomyme : P. monilifera Hort. - P. grandis Hort. - P.
grandifolia Hort.
Nom vulgaire : Peuplier de Virginie, Peuplier du Canada, Peuplier régénéré
D'après Koch (1872) l'origine serait de Virginie (mâle) et Canada (femelle).
Les
Régénérés (d'après L. Breton- Bonnard 1902)
Il les classe en plusieurs sortes:
1) Le Blanc, trouvé par Simon de Metz en 1832
2) Le Rouge, trouvé par le pépiniériste MICHIA en 1814
3) Le Canada amélioré
4) Le Populus Rubra (rouge) dénommé par Breton-Bonnard
appelé parfois Caroline parisienne.
Le catalogue Benoist Gervais vers 1900 annonce le "vrai" Régénéré sous le nom de Virginiana vel Nigra.
D'après Breton-Bonnard, presque tous les Régénérés sont presque tous le Régénéré de MICHIA trouvé en 1814. Le meilleur Régénéré serait celui de l'Ourcq ou Peuplier de Meaux. Ensuite viendrait le Régénéré de Vendée.
De 1865 à 1880, le pépiniériste M. Caron-Fiquet a vendu de grandes quantités d'un peuplier qu'il avait sélectionné sous le nom de "Peuplier à gros pieds ou Peuplier Picard (Canada ou croisement).
De 1870 à 1890, M. Lambin, professeur d'horticulture, recommanda un peuplier trouvé près de Château-Thierry qui est un Régénéré (Soissonais, Aisne, Somme).
De 1870 à 1900 se serait vendu un "Parisien régénéré" d'origine de l'Yonne.
D'autres nom sont connus et ont été utilisés localement: Régénéré de l'Yonne, de Daubensand, de Neeroeteren, Harff, Batard de Hauterive (Tarn),...
Regenerata
Henry
Peuplier femelle; débourrage cuivré; feuillaison tardive. Port érigé, ascendant plus
redressé que le Virginiana; cime faisant moins la pomme d'arrosoir que
le Virginiana et surtout que le Serotina; tendant déjà
vers le pinceau. Tronc droit à écorce plus claire, plus plate, plus légère, moins
écailleuse que le Virginiana; branches plutôt grêles, se détachant
volontiers du tronc, de manière alternée; décurtation nettement plus accentuée que le Virginiana,
en sorte que l'extrémité des branches est moins garnie, plus maigre. Chatons peu
adhérents, facilement caducs; arbre donnant peu de coton, et moins souvent que le Virginiana,
les années chargées de coton ne se produisant que les deux, trois ou quatre ans.
Feuillage ayant tendance à devenir sombre. Racines plus pivotantes que le Virginiana.
Arbre aimant les sols profonds ou alluvionnaires. Plus délicat que le Virginiana,
plus gélif, sensible au chancre, de croissance moindre; donnant par contre un bois
tendre, à grain fin, très estimé au déroulage et au sciage. Dénommé Chateau Thierry dans la vallée de la Marne.
Régénérés
de l'Ourcq
Sont des hybrides très proches du Regenerata. Le Raverdeau
à écorce brune est un Régénéré. La Maison Sarcé de Pontvallain
semble avoir vendu autrefois, sous le nom de Sarcé rouge, un
Régénéré à écorce caractéristique ayant tendance à donner des
plaques rappelant des écailles.
Régénérés
de Neeroeteren
Probablement Régénéré de l'Ourcq. Ce cultivar fut largement
cultivé en Campine mosane (Belgique) dans des alignements en prairies
irruguées. C'est un arbre à cime claire, très sensible à diverses infections
foliaires, et dont l'état sanitaire est médiocre en milieu humide. Ce peuplier
en régression dans les plantations, garde son intérêt en milieu bien aéré,
à sol frais, de préférence en alignements ou sa croissance peut-être très
bonne.
Régénérés
de Harff (Harffpappel)
Il est importé d'Allemagne (Duddeldorf) en Belgique, mais viendrait de France. Ce peuplier droit, à cime régulière facile à élaguer, est capable d'atteindre des dimensions importantes en bonnes conditions naturelles. Son écologie est voisine de celle de Neerroeteren. En Allemagne, dans les années 60, le Harff était considéré comme résistant à la rouille foliaire, même en présence de mélèzes. L'engouement a été éphémère pour ce peuplier car les conditions climatique de la Belgique ont rendu ce cultivar sensible à la rouille.
Populus
Marilandica Bosc - (le Marilandica en Hollandais)
Ce peuplier est avec le Virginiana et le Regenerata, le
troisième peuplier femelle du groupe, parfois dénommé Canadas.
Il se caractériserait par une ramification abondante et fixe, un port plus étalé que le
Serotina, un débourrage assez précoce, précédant celui de Virginiana
et bien entendu du Regenerata, des feuilles caractéristiques,
rhombiques et à pointe aiguë, un feuillage plutôt clair comme celui du Virginiana.
Ce peuplier est très répandu en Hollande ou le nom s'applique à de nombreux arbres
femelles (constatations de la Mission de mai 1946). Il existerait en France dans certaines
régions du Centre (Allier); il donne l'impression qu'il s'agit d'un peuplier assez rare
en France ou tout du moins de zone de culture limitée. Il serait le Populus
Euxylon (beau bois) de Dode. Il fut longtemps planté dans la région de
Gand en Belgique. Il serait avec Serotina le géniteur des Regenerata. Il n'est
pratiquement plus cultivé.
Eugenei
(P. pyramidalis metensis)
Peuplier de croissance rapide et de grande vigueur; port érigé, tronc long, branches
ascendantes; tète étroite. Feuillage dense; feuilles petites, un peu rhombiques. Turion
assez anguleux; feuillaison assez précoce et colorée. Ce peuplier hybride du peuplier d'Italie
et du Marilandica est issu de semis et n'a pas été rencontré avec
certitude dans les régions visitées. C'est le Carolina
poplar de l'Amérique du Nord.
Raverdeau
à écorce blanche
Peuplier male, cultivé à la jonction de l'Aube et de la Seine. Tronc assez droit;
débourrage tardif, précédent cependant celui du Sérotina. Écorce
gris
très clair, à tendance rosâtre, s'assombrissant lentement avec l'age, rides verticales
régulières, cotes plates et trapèzoidales. Port étalé, cime en pomme d'arrosoir. Peu
de nœuds; peuplier moins en décurté que le Régénéré, plus que le Virginiana.
Croissance rapide, atteindrait puis dépasserait le Robusta; au point de
vue du sol, un peu plus exigeant que lui, mais moins que le Régénéré;
son bois serait apprécié en Belgique; n'a pas encore été soumis en France à des
essais caractéristiques. L'origine du Raverdeau blanc n'est pas connue; d'après
certains, il serait simplement un Suisse (Serotina) amélioré ou
sélectionné; d'après d'autres, un hybride proche du Serotina, comme le
Gelrica.
Blancs
du marais Poitevin
Peuplier mâle, très répandu dans le Marais poitevin et la Vallée de la Boutonne. Tronc
très sinueux, tordu (probablement à cause de l'absence de soins dans le choix de jeunes
plants). Écorce claire, parfois recouverte d'une mousse noirâtre. Ramure sinueuse,
brisée; cime en pinceau. Feuillaison assez tardive, moins tardive que celle de Serotina
(comme pour le Raverdeau Blanc), mais beaucoup plus tardive que
celle de Robusta. Croissance rapide, deux fois plus rapide que le Serotina.
Ce peuplier rappelle le Raverdeau Blanc et le Pop. Gelrica
apprécié en Hollande. Appelé dans le Marais: Blanc du Canada,
Blanc de Hollande et dans la région de la Boutonne : Virginie.
Gelrica
- (le Gelrica en Hollandais)
Croisement entre P. marilandica femelle x P. serotina mâle.
Hybride euraméricain hollandais (originaire de la Gueldre en Hollande) ( 1865) à feuillaison très tardive qui a été un peu utilisé en France. Il était plutôt réservé aux stations fraîches du Nord et de l'Est. Sa croissance était d'abord lente puis s'accélérait. Son bois était apprécié. Sa sensibilité à Marssonina brunea a fait qu'il a été utilisé avec prudence. Il a été abandonné car il présente souvent des nécroses à la base du tronc qui sont connues sous le nom de "fluting".
Brabantica
C'est un hybride mâle, abandonné depuis longtemps en Belgique en
raison de sa très grande sensibilité au chancre suintant.
Le
Chevrières
Vieux peuplier introduit d'Italie par Ch. Harle d'Ophove à Chevrières, dans l'Oise. Introduit dans des plantations d'essais à Bergerac il avait donné de bons résultats. Pousse aussi bien que I 214, moins sensible à Marssonina. Il était aussi cultivé à Roberval (Oise). Résistant au chancre bactérien. Sa production était satisfaisante.
Vieux
noir d'Europe (Pop. Nigra Typica)
Peuplier male et femelle, dont des mutations ont donné des formes variant progressivement
jusqu'au type fastigié. Vieux tronc noueux; écorce grossière, sillonnée de rides en
tous sens. Feuillaison généralement précoce; floraison tardive pour les femelles, et
dans ce cas, très nombreux chatons avec coton abondant. Ramure abondante se terminant par
un fouillis de branches donnant souvent à la cime un aspect de houppe.
Peuplier
d'Italie (Nigra Italica)
Peuplier male, mutation du peuplier précédent. Port fastigié avec branches décollant
du tronc, notamment à la base, presque parallèlement. Tronc généralement noueux; cime
étroite, feuillaison précoce, la plus précoce après les Baumiers:
feuilles petites, nettement rhombiques.
Peuplier
Sarrazin du Sud-Ouest
Caractère très voisin du peuplier d'Italie, toutefois port
semi-fastigié.
Peuplier
vert de Garonne
Peuplier intermédiaire entre le vieux peuplier Noir et le peuplier Sarrazin
ou d'Italie: formes plus ou moins fastigiées. Débourre peu avant le Robusta
dont il se distingue parfois difficilement (débourrage vert au lieu de rouge,
feuilles demeurant petites malgré l'avancement de la saison, branches ayant tendance à
décoller parallèlement au tronc). Ce peuplier peut-être soit une mutation du vieux
peuplier Noir, comme les précédentes, soit un hybride; les deux formes
existent probablement.
D'autres peupliers, qu'il n'est pas possible de situer dans les groupes précédents résultent aussi d'hybridations naturelles:
| France | Allemagne | Pays Bas | Italie | Espagne |
| Robusta | Bietigheim | Zeeland | Cappa Bigliona | Campeador |
| Automnal | Brabantica | Heidemij | Ostia | . |
| Chevrières | Flachslanden | Newport | Pan | . |
| . | Leipzig | . | Magister Géant | . |
| . | Lingenfeld | . | Culasso | . |
| . | Loens | . | . | . |
Peuplier
Mac - Kee
C'est un hybride obtenu entre le groupe des peupliers baumiers et le groupe des peupliers
noirs. Vers 1924, une grosse affaire de papeterie américaine a appointé un certain
nombre de savants pour leur faire produire des hybrides. Ces hybrides int été créés à
partir des arbres qu'on avait sous la main et non pas sélectionnés. On a obtenu une
dizaine de milliers de semis. Après sélection, 70 types ont été cultivés et certains
ont reçu des noms de villes américaines.
Un certain nombre de ces hybrides ont été introduits en Europe juste avant la 2ème guerre. On en a cultivé dans la pépinière de l'arboretum des Barres et à Versailles. Simultanément, l'un des deux savants, le Professeur Mac Kee, s'étant séparé de ses collègues, a cultivé un certain nombre de boutures qu'il avait prélevé et a pris un brevet sur l'hybridation des peupliers ; il a mis dans le commerce le Mac Kee Poplar... Après la guerre, une Société belge a acheté le brevet pour l'Europe et a commencé à planter du Peuplier Mac-Kee. Il a été constaté qu'ils sont à croissance rapide, démarrant très tôt au printemps, mais cette croissance finit au début d'août.
BULLETIN DE LA SEITA - 1968
Brabantica
Clone male très sensible au chancre bactérien? Il a une cime étroite, des feuilles
triangulaires à base droite ou très légèrement cunéiforme. C'est le pseudo-eugenei
d'Angleterre. On en rencontrait quelques individus fortement chancreux dans la région de
Noyon (Oise) en 1950. Il en existe encore certainement dans l'Oise et l'Aisne.
Dromling
Clone femelle à couronne étroite est considéré comme le Régénéré Suisse. Ce nom-ou
plutôt celui de Régénéré Suisse couvrait dans les pépinières françaises plusieurs
formes assez éloignées les unes des autres. Sa feuillaison est assez précoce. La
feuille est triangulaire avec une pointe assez aiguë. Ce clone est résistant au chancre
bactérien.
Forndorf
Muller a décrit un clone femelle tardif à port ouvert...
Regenerata
Deutdchland
Est un clone femelle
Grandis
A port demi-étalé est parfois compris en France dans le groupe des Régénérés
Manicamp
Leipzig
Celei
Nous avions étiqueté "Manicamp" un cultivar femelle
trouvé dans une plantation de Robusta de la Commune de ce nom située dans
l'Aisne.
C'est un arbre qui par son port rappelle le Robusta mais a cependant une cime un peu plus large et des branches plus fortes. Son tronc est peut-être aussi un peu moins rectiligne. Son débourrement est légèrement plus tardif. Ses feuilles sont un peu plus claires et moins coriaces que celles de Robusta.
Par certains caractères Manicamp rappelle le cultivar allemand "Leipzig" mais celui-ci aurait une croissance faible pendant sa jeunesse, ce qui n'est pas le cas de Manicamp. Une comparaison plus précise est cependant nécessaire.
Celei est un des cultivars multipliés par l'Institut de recherche forestière de Roumanie. Il serait identique à Leipzig d'après l'étude qui en a été faite à la station de Graupa, en Allemagne orientale. Il était le plus apprécié en Roumanie.
Lons
C'est un cultivar allemand peu répandu mais que Muller
recommandait vivement pour sa forte productivité et sa résistance à la
rouille. Le tronc est un peu incliné et légèrement flexueux; la ramification
est peu abondante, les branches sont assez fortes, la couronne assez large et
aérée.
La feuille est très large, arrondie, avec très court acumen, la base est droite ou légèrement cordiforme chez les feuilles tardives. Les extrémités non aoûtées des rameaux sont vertes. Muller pense que ce cultivar a été introduit de France en Allemagne. Il serait originaire de la région d'Angers. Nous n'en connaissons pas de représentant certain.
Chopita
C'est une obtention de l'Institut de recherche forestière de
Madrid, à partir du cultivar appelé "Chopa de Santa Fe". Celui-ci a
un certain nombre de caractéristiques des peupliers américains; par ailleurs
il a une croissance rapide mais son tronc est flexueux et incliné.
Negrito
de Granada
Il s'agit d'un hybride euraméricain cultivé en Andalousie
depuis assez longtemps. Son développement est assez rapide sous le climat méditerranéen. C'est un bel arbre, assez droit à port semi-étalé, de sexe
mâle.
Campeador
Obtention de l'Institut de Recherches forestières de Madrid. Il a une croissance très rapide sous les climats chauds. Il semble moins enclin que I 214 à former des grosses branches.
Magister F II
(Géant)
C'est un cultivar sélectionné et multiplié par un
pépiniériste du Sud-ouest de la France (Tarn et Garonne) et dont la parenté ne nous est pas
connue. Il possède quelques caractères de Populus deltoïdes mais est très probablement
un hybride.

(50 cm à 3 ans)
Il présente en pépinière une bonne croissance, ses possibilités en plantation sont bonnes ou très bonnes dans le bassin de la Garonne et peut-être dans l'Ouest. Il est plus vigoureux que I 214 en pépinière, mais un peu décevant en plantation.
Ce cultivar a été abandonné car très sensible aux maladies. Il a servi comme source de spores de Marssonina dans les plantations d'étude de la maladie.