Les Peupliers de France

Les Taches brunes

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(Groupe de Travail de la maladie de la CIP - 1981)

La maladie des taches brunes

Cette affection à laquelle tous les cultivars de la section Aigeiros semblent sensibles, se traduit par l'apparition de taches de coloration brun noirâtre sur l'écorce au printemps et tout spécialement en mars-avril. Ces taches s'observent surtout au niveau des bourgeons à la base des étages végétatifs annuels, mais peuvent aussi se rencontrer en d'autres points des jeunes troncs.

Elles se voient particulièrement bien par temps humide (ou en passant une éponge imbibée d'eau sur l'écorce); elles peuvent avoir de quelques millimètres jusqu'à dix centimètres et on les trouve, semble-t-il, plus fréquemment sur les parties lisses de l'écorce. Au bout de quelques semaines, lorsque les conditions météorologiques sont favorables, on observe des renflements corticaux au niveau de ces taches; finalement l'écorce éclate et par la fente ainsi réalisée s'écoule un liquide le plus souvent coloré.

Par la suite, ces zones altérées se dessèchent et une cicatrisation qui semble totale se réalise souvent au bout d'une ou deux périodes de végétation. Mais si une zone altérée précise semble évoluer assez rapidement vers une guérison rapide, on note bien souvent qu'ultérieurement de nouvelles taches se forment à côté de la lésion initiale. Si on soulève l'écorce avec un couteau au niveau de ces taches brunes, le bois apparaît fortement coloré en brun marron mais sur une zone bien localisée.

Cette affection semble rarement entraîner la mort du plant atteint, mais peut provoquer une diminution notable de la qualité du bois. On peut citer parmi les cultivars les plus sensibles : Robusta - I 488 - I 455 qui appartiennent tous trois à l'espèce P. x euramericana.

Bien que Dothichiza populea ait été isolé un certain nombre de fois au niveau de ces taches brunes, il est fort peu probable que cet agent cryptogamique soit la cause première de cette maladie. En revanche, Veldeman a souvent isolé au niveau de ces taches un Charopsis et des inoculations avec ce champignon lui ont permis de reproduire un faciès maladif similaire.

Les conditions de culture et les facteurs du milieu jouent un rôle important sur le développement de la maladie des taches brunes. En général la maladie n'est pas signalée en pépinière, sauf dans les pépinières mal entretenues ou établies sour un sous-sol à fort pourcentage de calcaire actif.

En plantation, il semble que l'espacement joue un rôle important, la maladie paraissant plus courante et plus développée dans les plantations serrées.

En ce qui concerne le sol, tous les facteurs qui gênent l'alimentation en eau de la tige entraînent une sensibilité accrue du végétal; les variations brusques du plan d'eau créent également un terrain favorable pour l'implantation et le développement de la maladie. Quant au climat, les brusques variations de température en fin d'hiver et au début du printemps ainsi que les été secs favorisent le développement de cette affection.