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La fabrication des allumettes en France ![]()
(Seita - 1957)
L'allumette chimique a été inventée en 1816 par le chimiste français Derosne. Cette allumette, d'utilisation difficile et dangereuse, a été perfectionnée successivement par l'Anglais John Walker en 1817, le Français Charles Sauria en 1831, les Autrichiens Stephan Von Roemer en 1831 et Schroetter en 1845, et les Français Sevene et Cahen en 1897.
Dès 1871, la France assujettissait les allumettes à un impôt de fabrication, et, en 1872, elle créait le Monopole des Allumettes.
Le Monopole s'étend à l'achat, à la fabrication et à la vente des allumettes chimiques. Il est géré, en même temps que le Monopole des Tabacs, par le "Service d'Exploitation Industrielle des Tabacs et des Allumettes" dont les initiales "S.E.I.T.A." sont inscrites sur tous les produits de sa fabrication (tabac et allumettes).
Il existe huit usines d'allumettes (ou "Manufacture d'Allumettes", comme on les appelle encore en souvenir de l'époque lointaine ou le travail n'était pas mécanisé). Toutes fabriquent les boites dans lesquelles sont présentées les allumettes. Par contre, la fabrication des tiges d'allumettes est concentrée dans trois de ces usines, qui approvisionnent les cinq autres. Enfin, une seule de ces usines dispose d'un atelier d'impression qui confectionne les étiquettes de boites d'allumettes pour l'ensemble du Monopole.
Les plantations de Peupliers du Service des Allumettes.
Les huit usines d'allumettes consomment chaque année plus de 50.000 mètres cubes de bois de peuplier. Ces bois étaient autrefois achetés en totalité au moment de les exploiter. Depuis quelques années, le Service des Allumettes s'est équipé pour assurer le quart environ de ses besoins au moyen de ses propres plantations.
Pourquoi plantons-nous ?
Cette nouvelle politique doit permettre un sérieux abaissement du prix de revient des allumettes, et cela pour plusieurs raisons:
Dans la plupart des lots de peupliers qui sont offerts par les vendeurs, il y a une forte proportion d'arbres défectueux parce qu'ils ont été mal plantés (espèce ne convenant pas au climat ou au sol, espacements trop faibles) ou mal entretenus (élagages omis ou mal exécutés, précautions insuffisantes contre les maladies), d'ou beaucoup de déchets en atelier et des prix de revient de fabrication très élevés, même si les arbres ont été achetés bon marché. Le Service des Allumettes, qui entretien scientifiquement ses plantations, en attend une matière première de qualité, bien adaptée aux besoins industriels.
Il espère aussi aider par son exemple l'action de la Commission Nationale du Peuplier en faveur des procédés rationnels de culture: ce serait son intérêt en même temps que celui des planteurs, car, gros consommateur de bois de déroulage, il a tout à gagner de la mise en valeur de la populiculture française. D'autre part, le marché des bois de déroulage accuse de fortes variations de prix. S'il arrive que les cours deviennent anormalement élevés, le Service des Allumettes pourra réduire ses achats et vivre sur ses propres plantations. Ce sera pour lui une source d'économie. Du même coup, il jouera sur le marché un rôle stabilisateur.
Ou plantons-nous ?
Nous plantons sur le domaine public (bords de route, de voies navigables, zones vertes de bases aériennes), après avoir passé des conventions avec les services gestionnaires, et aussi sur des terrains communaux ou privés loués pour la durée de la vie d'un peuplier. Les plantations du Service des Allumettes totalisent actuellement: 150.000 peupliers sur 900 ha de terrains loués, 30.000 peupliers sur 200 km de rives de voies navigables. 23.000 peupliers sur 450 km de bas côtés de routes, 3.000 peupliers sur 40 ha de bases aériennes.
Que plantons-nous ?
Au début, entre 1947 et 1950, le Service des Allumettes plantait surtout le Populus x euramericana "Robusta" qui occupe encore 30 % de ses plantations. La proportion de Populus "Serotina de Champagne" va croissant, elle dépasse déjà 30 %. Signalons encore Populus "Serotina du Poitou (18 %) et l'excellent hybride italien I 214 (10 %), le reste étant réparti entre d'assez nombreux autres types en cours d'essais.
Le Centre d'Études de SAINTINES.
Il existe un grand nombre de types de peupliers. On ne peut choisir n'importe lequel pour un terrain donné. Nous ne savons même pas encore avec certitude quel est celui qui convient le mieux. La connaissance des expériences réalisées en divers pays, et les directives de la Commission Nationale permettent d'éviter les grosses erreurs, mais il y a intérêt à préciser par de nouvelles expériences les connaissances acquises.
Dans ce but, le Service des Allumettes a créé, à Saintines, à côté de la Manufacture, un Centre d'Études du Peuplier qui effectue des expériences culturales dans une partie des 800 ha de peupleraies appartenant à la Manufacture d'Allumettes de Saintines (Études de sols et d'engrais, analysés par les méthodes statistiques).
Ce Centre dispose d'un laboratoire, de plusieurs serres chauffées et d'une pépinière expérimentale de 3 ha, poursuit aussi la création de types nouveaux par semis, effectués en serre, de graines importées ou de graines hybrides naturelles locales. Les plants sont ensuite repiqués dans la pépinière expérimentale, puis sélectionnés après études microscopique (en laboratoire) et macroscopique (mensurations périodiques, descriptions, étude de feuilles sur empreintes).
La comparaison continue sur lots de boutures; elle porte en particulier sur la résistance aux maladies (Dothichiza notamment). C'est l'aptitude d'un type de peuplier au déroulage qui est en définitive le critérium déterminant de sa valeur. Le contrôle en est fait dans les ateliers de déroulage de la Manufacture, l'étude des cotes physiques et mécaniques étant réalisée parallèlement, sur notre demande, par des laboratoires de technologie spécialisés. Cette étude doit permettre de dresser une carte des "crus de peupliers" mais à longue échéance.
Toutes les recherches que nous venons de mentionner sont poursuivies en liaison avec divers établissements ou laboratoires, notamment le Centre Technique du Bois, les diverses sections de l'Inra de Nancy. On ne saurait obtenir de résultats immédiats, mais certains types nouveaux de peupliers et certains saules paraissent prometteurs.
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La fabrication des allumettes, des tiges et le chimicage sont à lire sur la plaquette distribuée à l'occasion du Congrès International du Peuplier d'avril 1957.