L' HISTOIRE DES SABOTS EN PEUPLIER EN FRANCE
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Sabots bretons
Dès 1841, une machine à sabots est inventée pour faciliter le travail en permettant de dégrossir rapidement les billots de bois, mais elle réclame toujours l'intervention de la main de l'homme pour les finitions. Elle a surtout pour effet pervers d'augmenter le prix des sabots qui reviennent même plus chers que ceux fabriqués par les petits artisans !
Après la guerre de 14-18, la fabrication diminue inexorablement, par manque de main d'oeuvre et en raison du développement de l'industrie de la chaussure. De 1870 à 1920, le nombre de sabotiers passe de 25000 à 18000 en France, pour une production qui chute de 37,5 millions à 27 millions de sabots. Dans le même temps, la production machine passe de zéro à 6 millions de sabots par an. En 1920, près de 500 machines à sabots fonctionnent ; elles seront 2250 en 1934 pour une production de 17 millions de sabots, alors que ceux qui sont fabriqués par les petits artisans ne dépassent pas les 12000 sabots par an.
À cette époque, dans les années trente, il n'existe que trois saboteries mécaniques en Ariège alors que la Haute-Garonne et le Tarn en comptent sept.
Mais la demande diminue sans cesse et, face au problème de surproduction, les industriels, qui avaient poussé au développement de machines de plus en plus grandes, revoient leurs objectifs à la baisse. Ils tentent même de travailler avec les petits artisans chez lesquels ils installent des machines plus modestes. Deux sabotiers travaillent de cette manière mixte en Ariège ; ils seront les deux derniers sabotiers avant que Pascal Jusot prenne la relève.
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Les Sabots hollandais
Les sabotiers
néerlandais ont eu chaud : des fonctionnaires européens
ont failli reléguer les fameux souliers de bois, portés
depuis le XVIe siècle, au rang d'objets folkloriques !
Or le secteur produit annuellement 900 000 paires
portables, sans compter les souvenirs (sabots
décoratifs, orange ou aux couleurs de la Frise,
porte-clés vernis, mini sabots gadgets et autres souliers
pour touristes). Selon la Commission de Bruxelles, les
sabots utilisés dans le cadre professionnel ne
répondaient pas aux critères actuels de sécurité
d'autres chaussures de travail, comme les bottines à
coque d'acier des ouvriers du bâtiment. La trilogie
"tulipe, moulin à vent et sabot" de l'imagerie
néerlandaise a toutefois été rapidement réhabilitée : le
sabot national a reçu le précieux "certificat de
conformité européen". Selon les tests de sécurité, il
résiste à une pression de 400 kg (jusqu'à 750 kg sur sa
pointe). Un clou planté avec une pression de 75 kg ne
vient pas à bout de sa semelle, il ne cède pas à un
objet tranchant de 20 kg lâché à 50 cm de hauteur, il
est imperméable, résiste très bien au chaud et au froid.
Dans certains cas, ses performances dépassent même
celles des autres bottines professionnelles. Tous les
éleveurs néerlandais qui les portent vous expliqueront
que peu d'autres souliers sont capables de supporter le
poids d'une vache qui vous a marché sur le pied. Les
ouvriers vous diront qu'il est plus facile de s'extirper
d'un sabot pour éviter la chute d'un objet lourd sur un
chantier.
L'enjeu du bras de fer entre les
eurocrates et les sabotiers bataves était de taille
puisque des milliers de travailleurs néerlandais,
éleveurs et agriculteurs surtout, mais aussi
cantonniers, ouvriers du bâtiment et jardiniers, portent
quotidiennement des "klompen" sur leur lieu de
travail, et pas seulement en milieu rural. En outre, de
12 à 14 % de la production s'exporte, principalement
vers le Japon, les Etats-Unis et la France, même si ce
dernier pays compte encore une quinzaine de saboteries,
en Alsace, en Normandie et dans les Pyrénées. En
Belgique, les dernières saboteries (au nombre de six)
sont flamandes et sortent 100 000 paires par an.
Si
l'Allemagne remporte la palme européenne de la
production, c'est bien aux Pays-Bas - où trente-neuf
saboteries restent en activité - que résident les vrais
fans de cette chaussure anachronique, dont ils aiment le
côté historique et "nature". Ils apprécient tout autant
son prix : une paire de "klompen" en peuplier (99
% des sabots bataves sont moulés dans ce bois) coûte
entre 600 et 900 francs belges [entre 97 et 145 FF].
Dernier atout du sabot : ses vertus orthopédiques.
C'est la chaussure idéale pour les enfants qui ont les
pieds déformés. Elle force le pied à s'adapter au sabot,
et non l'inverse, explique, convaincu, Leo Beekhuiszen,
un artisan qui ne quitte jamais ses sabots : des
chaussures parfaites... les Nike de l'agriculteur
néerlandais !
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