L' HISTOIRE DES SABOTS EN PEUPLIER EN BELGIQUE
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Le sabotier abattait et débitait lui-même son bois. Il s'agissait souvent du bouleau, parfois de l'orme, du hêtre ou de l'acacia. Le sabot de "luxe" se fabriquait dans le noyer. Le peuplier était utilisé pour faire les sabots utilisés en milieu humide (notamment par les mariniers) car il évitait de glisser. Bien entendu, le chêne et le frêne étaient proscrits, car beaucoup trop pesants.
En
1903, un contemporain décrivait ainsi la vie de ces hommes rudes ·
: « Les
ateliers s’installent, soit au milieu
des villages, soit dans les coupes forestières; c’est dans ce dernier cas,
une sorte de hutte spacieuse, construite par les ouvriers eux-mêmes et où
ils travaillent, mangent et dorment un peu à la façon des sauvages et rien
n’est plus pittoresque que les mœurs de ces boquions. »
Origine
du sabot
L’usage
de fabriquer et de porter des sabots en Belgique romane ne paraît pas remonter
au -delà du XIXème siècle et ne survécut que durant les quelques années qui
suivirent la fin de la seconde guerre mondiale, supplantée par l’introduction
massive, d’origine américaine, de bottes, de galoches et de chaussures (cuir
et caoutchouc, crêpe et divers produits synthétiques).
Quelques
sabotiers indépendants ont subsisté jusqu’à une époque relativement récente
mais davantage pour le maintien d’un certain folklore. Il existe encore des
saboteries dans les Vosges. En 1912, il existait à LIMES, sur le cours de la
Planchette, une saboterie employant une vingtaine de personnes. D’abord
installés dans la forêt voisine de Merlanvaux, les sabotiers de gîte en
en étape, vinrent s’établir au village de LIMES.
Il
y avaient deux ateliers. Des charretées de sabots partaient toutes les semaines
pour la gare de Bellefontaine. Mais les commandes se firent
rares entre 1914 et 1918, toutefois il y eut une reprise
en 1919- 1920. La vie était chère et le métier ne payait plus. De
plus, on portait moins de sabots. La
fabrique ferma ses portes.
En
1901, on dénombrait en Belgique 12.687 sabotiers (ouvriers et
patrons-sabotiers) qui vivaient exclusivement de ce métier. On évaluait, la
production hebdomadaire d’un sabotier à
une moyenne de cinquante paires; d’où la déduction que ces milliers
de travailleurs du bois façonnent à eux-seuls annuellement 31.000.000 de
paires de sabots... Conséquemment, ce métier artisanal est devenu une
industrie qui fait entrer beaucoup d’argent dans les caisses de l’État
Belge.
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