
Les
rouilles ![]()
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Information sur l'apparition d'une nouvelle race de rouille
du peuplier ![]()
(E.Paillassa - IDF)
Parmi les maladies foliaires du peuplier, la rouille est une de celles qui
pose le plus de problèmes au populiculteur. Cette maladie provoque des défoliations qui,
suivant leur précocité, conduisent à des réductions de croissance, voire, dans la pire
des situations, peuvent mettre en péril un peuplement si des attaques successives se
produisaient. Il faut savoir avant tout que les risques de rouilles sont surtout fonction
du clone utilisé et de la région. Ainsi, afin de réduire ces risques, la
régionalisation de l'utilisation des clones dans le catalogue des clones financés par le
F.F.N. tient compte de ce problème, en plus d'autres considérations phytosanitaires, de
production et de qualité du bois.

Rouille sur Beaupré le 23 septembre 1998
Pourcentage "globalisé" de réduction de l'accroissement courant en fonction du cultivar, de l'âge et de l'année de végétation.
(données Réseau Expérimentations Peuplier de la Forêt Privée)
| 1998 | 1999 | 2000 |
Observations |
||
| Beaupré | 0 à 5 ans | . | 10 % | 25 % | |
| . | 5 à 10 ans | 10 % | 15 % | 30 % | 1990/1991 : effet sécheresse après 6 ans |
| . | + 10 ans | . | . | 5 % | |
| Boelare | 0 à 5 ans | 15 % | 15 % | 30 % | |
| 5 à 10 ans | 20 % | 15 % | 30 % | 1990/91/92 : effet sécheresse après 5 ans | |
| + 10 ans | |||||
| Raspalje | 0 à 5 ans | ||||
| 5 à 10 ans | 1990/1991 : effet sécheresse après 6 ans | ||||
| + 10 ans |
On considère globalement que la rouille du peuplier est principalement due à :
Un champignon appelé Melampsora larici-populina au
Nord de la Loire,
Un champignon appelé Melampsora allii-populina
au Sud de la Loire.

Brume matinale qui peut favoriser le démarrage de la rouille
A partir de cette première distinction, le problème se complique. En effet, il faut savoir que le champignon Melampsora larici-populina ne se présente pas sous une seule forme, mais sous différentes formes appelées 'races'. L'existence de ces races complique le problème des rouilles dans le sens ou elles ne possèdent pas la mème répartition géographique et la mème action destructrice en fonction des clones.
Ainsi jusqu'à Août 1994, les chercheurs avaient identifié trois races différentes : race E 1 - race E 2 - race E 3.
Depuis Août 1994, les chercheurs ont décelés en Belgique, mais aussi dans le nord et le nord-est de la France, l'existence d'une quatrième race de Melampsora larici-populina, appelée actuellement E 4. L'apparition de cette nouvelle race confirme, si cela était nécessaire, que les parasites, comme les rouilles, évoluent et arrivent a contourner les résistances obtenus par les sélections génétiques du matériel végétal privilégiant l'immunité totale face au parasite.
En l'état actuel des connaissances, on peut dire que les infections par la race E 4, remarquées en été 1994, ont été infimes, et que, comme les trois autres races, la race E 4 attaquerait certains clones et pas d'autres.

Brume matinale le 14 mai 2006 Indre et Loire
Dans un avenir proche, on devrait en savoir plus sur le niveau de sensibilité des différents clones commercialisés, grâce à l'INRA de Nancy qui a entrepris des analyses systématiques en laboratoire. D'autre part, l'évolution de cette nouvelle race de rouille sera, en 1995, l'objet d'un suivi et d'une attention particulière par le DSF (Département Santé des Forets), l'INRA, le CEMAGREF, et tous les organismes de développement forestiers.
En tout état de cause, nous savons déjà que la recherche génétique sur le peuplier (INRA, Instituts Obtenteurs étrangers) a déjà mis en place de nouvelles orientations dans la sélection du matériel végétal qui permettront, à l'avenir, de mieux résister aux évolutions génétiques naturelles des parasites.
En attendant ces nouvelles générations de clones, le Groupe de Travail Peuplier de l'IDF préconise :
d'attendre de plus amples informations concernant cette nouvelle race E 4 avant d'intégrer ce nouveau parasite dans la gestion des peupleraies. Nous vous vous informerons régulièrement sur l'évolution de la connaissance de la race E 4.
de mener, si ce n'est déjà fait, une lutte préventive simple face à ces risques phytosanitaires qui est d'utiliser différents clones lors des plantations (en regroupant toutefois les plants du mème clone afin de créer des sous peuplements homogènes). Ainsi, mème si tous les clones n'ont pas les mêmes capacités de croissance, la diversité clonale permettra de réduire ces risques. Le plus important n'est pas de récolter un grand volume de bois dans un minimum de temps, mais avant tout d'avoir une récolte...
Réduction de l'accroissement sur Beaupré et Boelare
