Le Ragondin et la Leptospirose

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La lutte contre le ragondin (Myocastor Coypus) s’impose comme une mesure de protection de la santé publique.

 Outre les dégâts biens connus qu’il provoque aux cultures et aux plantations et qui le font classer comme une espèce nuisible, le ragondin se révèle être fréquemment porteur de leptospires.

 Dans un mémoire de fin d’études, présenté en 1997 à l’E.N.I.T.H.P. d’Angers, Yorig GUILLOU et Guy MANIFACIER ont démontré que les deux tiers des ragondins, capturés le long de la Loire dans sa traversée du Maine et Loire, sont infectés par cette bactérie.

 Recherche de laboratoire : les analyses sérologiques effectuées par l’Unité de Pathologie Infectieuse de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes, mettent en évidence une réponse positive au sérotype leptospira ictero-hemorragiae, agent de la leptospirose ictero-hémorragique de l’Homme.

 Sans écarter l’éventualité d’un silence sérologique lors de séro-agglutinations négatives, les titres de positivité, parfois très élevés, signent une infection tantôt récente, tantôt plus ancienne.

 Epidémiologie : comme d’autres animaux de la faune sauvage et, singulièrement, le rat brun ou surmulot (Rattus norvegicus) et le rat musqué (Ondatra zibethicus), le ragondin ne développe pas la maladie. Il est un « porteur sain ». Réservoir de leptospires, il en assure la pérennité et, par son urine, la dissémination dans le milieu environnant : l’eau, la vase, la terre humide.

 La contamination de l’homme est rarement directe par morsure. Plus volontiers, le mode de transmission se révèle indirect. Présents dans l’eau, les leptospires franchissent aisément la barrière du tégument ou des muqueuses. Ils pénètrent mieux encore à la faveur d’une plaie superficielle.

 Pouvoir pathogène : l’infection humaine par leptospira ictero-hemorragiae est sévère. Elle évolue sous la forme d’une hépato-néphrite aiguë avec syndrome méningé. « Dans tous les cas, la convalescence est longue et marquée par une asthénie intense ».

 Certaines professions, mais aussi les adeptes d’activités de loisirs sont particulièrement exposés au danger de contamination en bordure de rivières, cours d’eau, mares, plans d’eau, et tous lieux infestés par les ragondins (en Maine et Loire, en 1997, on estimait à 250.000 ragondins porteurs de leptospires sur une population de 400.000).

 Loi n° 92-3 du 03 janvier 1992, dite « Loi sur l’eau », prévoit (Art. 2) la « protection contre toute pollution » souligne l’obligation « de satisfaire…, lors des différents usages, activités ou travaux, aux exigences de la santé, de la salubrité publique ».

 L’Article 18 souligne les responsabilités. « Le Préfet et le Maire intéressés doivent être informés de tout incident ou accident présentant un danger pour la sécurité civile ».

 Conclusion : La Loi du 03 janvier 1992 s’applique ici de façon claire. La lutte contre le ragondin, danger potentiel pour la santé humaine est une obligation réglementaire. Dans l’intérêt général, et au regard de la Loi, une campagne d’éradication complète, systématique et coordonnée du ragondin est une nécessité.

 Docteur André DENECKERE

Vétérinaire                                                                                                       fich :ragondin.doc