Les Peupliers de France
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1ers hybrides artificiels - Eckenwalder
Arrivée présumée des 1 ers peupliers américains

Populus deltoïdes Marshall - 1785

P. Angulata P. Missouriensis P. Monilifera
Aiton - 1789 Henry Aiton - 1789
Zone méridionale Zone Centre Mississipi Zone Septentrionale et orientale
Male Femelle . . Male Femelle
Carolinensis Angulata . . Monilifera Virginiana

(P. Sargentii (1905) serait un hybride Angulata x Monilifera)

Leur importance pour l'Europe

(Mission d'Assistance Technique n° 13 - OECE - 1951)
(extraits)

Les types indigènes de Populus deltoïdes et leur culture aux Etats-Unis

Considérations préliminaires

Il convient tout d'abord de noter la grande différence existant entre le traitement des peupleraies en Europe et celui des forêts de peupliers aux États-Unis. Les peupleraies, au sens européen du mot, n'existent pas aux États-Unis ou, tout au moins, il ressort des observations faites tout au long de notre voyage que les plantations y sont encore dans une phase tout à fait préliminaire.

La régénération du Cottonwood y est uniquement naturelle et les massifs de peupliers ont cru jusqu'à ce jour - et continuent à croître pour la plupart - sans traitement cultural. Tout est laissé à la nature. Ce manque de traitement est souvent la conséquence du fait que l'industrie ne peut payer le prix relativement élevé des arbres de petites dimensions obtenus à la suite d'éclaircies. Les frais d'exploitation sont souvent élevés d'ailleurs, par suite de l'éloignement de la foret par rapport aux centres d'utilisation et de son accessibilité toute relative.

En Europe, les plantations de peupliers sont basées sur la reproduction, par voie végétative, de clones, le plus souvent sous forme de plants racinés de 2 ou 3 ans issus de boutures. Il y est pratiquement impossible de réaliser les conditions de la régénération naturelle comme le long du Mississipi. D'ailleurs, en Europe, dans la grande majorité des cas, le peuplier n'est pas un arbre de foret. Il est surtout utilisé dans les plantations le long des routes, des digues et des canaux, aux alentours des fermes, en bordures ou en rangées dans les prairies, sur les limites des héritages, ou bien il constitue des peuplements plus ou moins étendus à grand écartement, purs, equiennes avec ou sans sous étages. Ces massifs, créés de la main de l'homme et appelés peupleraies sont soumis à des soins culturaux, dont l'élagage artificiel.

Le peuplier est donc en Europe un arbre de culture, tandis qu'aux États-Unis la régénération naturelle engendre une foret composée d'un grand nombre de génotypes à comportement varié, croissant en peuplements fermés dans lesquels s'opère une sélection naturelle et ou l'élagage se fait naturellement.

      

Habitat et types de forets de peupliers

On rencontre le peuplier dans les bottomlands, c'est-à-dire en principe sur les sols d'alluvion le long des grands fleuves et des rivières. Mais ces territoires alluvionnaires peuvent être très étendus, notamment dans les vallées des grands fleuves comme le Mississipi : à titre d'exemple, le delta du Mississipi qui n'est pas, comme son nom pourrait le suggérer, un dépôt triangulaire d'alluvions à l'embouchure du fleuve, mais une plaine alluviale déposée à plusieurs centaines de milles au-delà de l'embouchure du Mississipi, d'une surface de 4.565.000 acres, dont les forets occupent 35,4 %, et qui va du Nord de Vicksburg jusqu'à la limite du Tennessee. Il a fallu l'intervention humaine pour soustraire une partie de ce delta aux débordements du fleuve et de ses affluents Tout territoire qui reste soumis à ces vicissitudes annuellement ou périodiquement et pendant une durée variable, est un bottomland. Lorsque l'alluvionnement coïncide avec la maturité de la graine, le peuplier rencontre eau, chaleur, lumière et propreté du sol, facteurs indispensables pour la germination. Les régions marécageuses des bottomlands sont dénommés awampland (marais)...

(Nous ne parlerons que de Populus deltoïdes, un des parents de la grande majorité des peupliers européens producteurs de bois d'œuvre qui a été importé en Europe vers 1700 (Henry) de différents endroits de son aire naturelle très étendue.)

Les importations de boutures qui eurent lieu à différentes époques et en diverses régions ont révélé aux Européens un matériel très polymorphe et devant varier du Nord au Sud. Ce matériel importé a en conséquence été utilisé sous des appellations différentes comme P. angulata Ait, P. virginiana Foug., P. carolinensis Foug., P. monilifera Ait, P. missouriensis Henry, et jusqu'à ce jour l'opinion la plus commune en Europe a été que l'espèce collective Populus deltoïdes Marsh. pouvait comporter trois sous-espèces botaniquement différentes : la sous-espèce angulata, décrite comme la forme du Sud (P. angulata Ait. = P. carolinensis Foug.) la sous-espèce monilifera ou forme du Nord (P. monilifera Ait. - P. virginiana Foug.) et la sous-espèce missouriensis (P. missouriensis Henry) ou forme intermédiaire.

Cette conception ne nous a pas été confirmée par les Américains pour qui tous les cottonwoods du groupe Aigeiros de l'Est des Usa ont toujours été confondus sous l'espèce collective de Populus deltoïdes Marsh.

Dans les bottomlands du Mississipi et dans le Sud du Tennessee nous rencontrons exclusivement la sous-espèce angulata. Dans le Nord du Tennessee et dans le Missouri cette sous-espèce passe en certains endroits presque insensiblement à la sous-espèce connue en Europe, sous le nom de missouriensis. L'angulata prend alors en effet une allure plus fastigiée, son fut devient plus droit et plus élancé, l'écorce se modifie et devient plus noirâtre, la feuille à une tendance à devenir plus large que longue et plus pointue. Venant du Sud et longeant le Mississipi, c'est à Cairo (Illinois) que nous avons pu identifier avec certitude des missouriensis. On les trouve surtout sur les sols bien drainés. Mais alors qu'en gagnant l'Illinois et le Wisconsin nous nous attendions également à un passage progressif vers la sous-espèce du Nord (monilifera), contre notre attente, nous y avons rencontré plus souvent l'angulata et le missouriensis, le monilifera ne faisant que de très timides apparitions. Ce n'est qu'à partir de Leedts, au-delà de Madison, alors que l'angulata et le missouriensis avaient disparu qu'il commença à être mieux représenté. Mais si notre programme avait pu nous conduire dans le Minnesota, nous y aurions trouvé des peuplements naturels de monilifera. Maintenant, ce n'est que dans l'État de Michigan, à Midland, au Nord de Lansing, que nous pûmes observer une belle station naturelle, bien que peu étendue, de monilifera. En longeant le lac Erié (Toledo-Bellevue-Irwing) pour traverser ensuite l'État de New-York et atteindre Burlington dans le Vermont, nous revîmes maintes stations naturelles d'angulata à coté de moins nombreuses stations de missouriensis ou des formes intermédiaires, le monilifera, par contre, allant toujours en régression.

Nous pouvons conclure que la conception actuelle d'un passage géographique régulier et progressif de l'angulata au monilifera en passant par le missouriensis, n'est pas complètement exacte. Il semble que si l'angulata occupe surtout les humides bottomlands du Mississipi et se retrouve partout dans l'Est de l'Amérique du Nord, notamment le long des rivières ou il retrouve ses conditions écologiques; que le monilifera se cantonne surtout dans le Nord et que le missouriensis, qui commence à apparaître à mi-chemin entre le Nord et le Sud, se retrouve aussi, à l'égal de l'angulata, en bien d'autres points.

Les importations de boutures en Europe se firent au hasard et ne comportèrent chaque fois qu'un ou deux clones soit males (carolinensis monilifera), soit femelle (angulata-virginiana) en provenance de régions peut être distantes de quelques milliers de miles. De ce fait, les différences entre le matériel des diverses importations pouvaient être grandes et aisées à décrire botaniquement pour et par les Européens. Mais dans leur aire naturelle, l'espèce et les sous-espèces sont très polymorphes et présentent des forces intermédiaires, si bien que les différences ne pouvaient frapper les Américains autant que les Européens observant les clones.

On peut avancer qu'à l'avenir la notion selon laquelle il faut réserver la sous-espèce angulata pour les régions plutôt méridionales de l'Europe et les sous-espèces missouriensis et monilifera pour les régions plutôt septentrionales doit être abandonnée, les conditions de sol (humidité spécialement) et les conditions écologiques étant les facteurs de beaucoup les plus importants à considérer. Un examen précis et préalable des données écologiques des régions d'importation est nécessaire. Cela étant, la sous-espèce angulata pourra livrer du matériel - mais provenant évidemment de différentes origines - tout aussi bien à certaines régions de l'Europe septentrionale qu'à l'Europe méridionale.

En résumé, Populus deltoïdes répond à la conception classique de l'espèce botanique. Mais on sait que l'intérêt n'est plus de s'arrêter à l'examen d'une espèce sur un territoire étendu. L'espèce primitive, placée dans des conditions écologiques différentes, a réagi diversement au cours des siècles, suivant les stations, et s'est fragmentée en de multiples formes qu'on pourrait regrouper sous quelques espèces, dont les trois précitées. Mais chacune de ces sous-espèces doit être elle-même considérée comme un ensemble de variétés, de races locales, de lignées pures ou de lignées hybridogènes (forme de passage) différant par certains caractères physiologiques et morphologiques.

Il n'y a non pas un Populus deltoïdes, mais des Populus deltoïdes.

La recherche de ces individualités et l'étude de leurs conditions d'existence sont, de toute évidence les questions qui surpassent toutes les autres.

Les chercheurs américains semblent avoir porté exclusivement leurs efforts, depuis 1925, sur la création de types nouveaux par l'hybridation et avoir négligé toute sélection parmi les formes et les hybrides indigènes. Cette dernière, qui devrait cependant être menée de pair avec le travail de l(hybridation, nous parait devoir donner de meilleurs résultats....

POPULUS SARGENTII Dode

Aire : Alberta et Saskatchewan au Canada jusqu'au Nebraska, Texas de l'Ouest et Nouveau Mexique dans les États-Unis.

Arbre plus petit que Populus deltoïdes avec des jeunes rameaux de couleur plus claire et jaunâtre, des lenticelles également liniformes, longues et blanches.

Bourgeons : assez courts, obtus, adjacents et un peu parfois pubescents.

Feuilles : plus petites que Populus deltoïdes (7-10 cm), vert jaunâtre, dentées très grossièrement, souvent plus larges que longues.

POPULUS FREMONTII Wats.

Aire: Sierra Nevada (Californie, Nevada jusqu'au Nord Arizona).

Feuilles : vert clair, réniformes et puis parfois cunéiformes le long du pétiole; chez des vieux exemplaires souvent les feuilles plus ou moins losangiques.

Cime étalée; tronc assez droit

Bourgeons, rameaux et feuilles glabres

Grand nombre d'étamines (jusqu'à 60 par fleur), rouge foncé.

POPULUS WISLIZENII Sarg.

Considéré par divers auteurs comme une variété du précédent.

Aire: Texas de l'Ouest et Nouveau Mexique

Les rameaux de la première année sont de couleur un peu plus foncée; les fruits avec des pédicelles plus longs.

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