La culture du Peuplier
en Angleterre
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(Prof. Dr G. Houtzagers et T.R. Peace)
(4ème Congrès International du Peuplier - 1951)
On peut dire que par le passé, la culture commerciale des peupliers a été plus ou moins négligée en Angleterre. Cette négligence peut être en partie attribuée au manque de terrains appropriés bien que les hautes terres humides, les vallées des rivières et les marais ne manquent pas en Grande-Bretagne ou la culture du peuplier pourrait avantageusement être pratiquée en combinaison avec l'agriculture ou le pâturage.
La difficulté provenait certainement en partie également d'une connaissance insuffisante des exigences du peuplier en vue de la production du bois. Bien souvent ceux qui ont voulu se lancer dans la plantation commerciale des peupliers ont vu leurs espérances trompées quand, se basant sur la réputation de croissance rapide et d'hydrophilie marquée de ces arbres, ils ont cru que ces derniers ne se ressentiraient pas du manque de soins ou d'un drainage insuffisant. Au surplus, ils ont souvent utilisé des variétés sensibles au chancre qu'ils négligeaient d'éclaircir ou de tailler et, sans aucun doute, de nombreuses plantations en bon terrain et pleines de promesses ont été compromises faute d'une attention suffisante à ces deux points essentiels. Les pépiniéristes n'ont jamais vendu du peuplier en grande quantité, ne les écoulant que par petites commandes, le plus souvent comme arbres d'ornement ou pour constituer des alignements d'abris. Aussi n'ont-ils jamais étudié la production en grand du plant de peuplier de qualité comme cela a été le cas dans tant de pays de l'Europe continentale.
Assurément cela ne signifie pas qu'il n'y avait pas en Angleterre assez de choses à voir pour le Congrès du Peuplier. Il faut à cet égard noter d'abord et par dessus tout le domaine de Ryston Hall, appartenant au Lieutenant-Colonel E.R. PRATT, ou la culture du peuplier se fait depuis très longtemps et ou se trouve en outre un arboretum de peupliers qui nous a permis, comme aux jardins botaniques royaux de Kew, d'étudier le comportement au stade âgé de nombreuses variétés de peupliers peu communes. Au cours de nos visites, il nous a été donné de voir quelques plantations individuelles de peupliers moins usuels dans nos régions, tels que : P. lloydii - P. betulifolia et P. eugenei.
Du fait que, par le passé, la demande était faible pour telle ou telle variété, comme P. serotina, robusta, marilandica ou gelrica, et comme jusqu'à ces derniers temps il n'existait aucun plant dont le nom soit certifié, une grande confusion régnait dans les pépinières et une même commande était souvent satisfaite à l'aide de plusieurs variétés différentes.
Souvent aussi ces peuplements mixtes étaient jusqu'à un certain point atteints de chancre bactérien, ce qui fournit maintenant un précieux tableau vivant de la sensibilité ou de la résistance des diverses variétés. On a pu voir un bon exemple de ceci parmi les plantations mixtes de Ling Heath (Brandon) visitées.
Peu avant la Grande Guerre, la "Forestry Commission" commença à s'intéresser à la culture du peuplier et mit sur pied des pépinières pour la production de plants racinés. Au début cependant les particuliers s'intéressèrent peu à cette production, si bien que la Forestry Commission dut se borner à ne faire des plantations que sur ses terrains propres. Comme l'étendue des terres vraiment propices aux peupliers y était très réduite, presque toutes ces plantations furent faites en terrain forestier parmi de vieux taillis (forêt de Yardley Chase près de Northampton ou dans des vallées mal drainées, considérées comme trop humides pour toute autre essence.
Avant la guerre de 1939-45, une importante collection de clones avait été constituée. Pourtant, la plantation en taillis de Yardley mise à part, la plupart des échantillons étaient encore seulement en pépinières lorsque la guerre éclata, arrêtant tous les essais. Quelques essais furent cependant commencés pendant la guerre et nous avons pu en visiter un peuplement, au bois de Bagley, près d'Oxford, maintenant âgé de 10 ans.
Depuis la guerre, l'intérêt que l'on porte aux peupliers est beaucoup plus considérable. De nombreux particuliers s'adonnent maintenant activement à la culture du peuplier et les boutures certifiées des quatre variétés P. robusta - gelrica - serotina et serotina erecta sont de plus en plus demandées chaque année.
Les recherches portant sur les peupliers ont abouti à une importante collection de clones dont le nombre atteint déjà 200. Il nous a été donné de voir à Alice Holt une collection de ces clones...
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