Le Peuplier noir européen

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Populus nigra L.
(Commission Internationale du Peuplier - 1974)

Conservation du P. nigra en France  

L'aire naturelle est fort étendue et compacte dans le tiers méridional de l'Europe, du Danube à la Méditerranée et en Asie occidentale ; elle s'étend de façon imprécise en Asie centrale. Vers le nord, des stations reliques la prolongent le long des principaux fleuves... et probablement en Angleterre. Des stations disjointes existent en Afrique du nord dans les montagnes d'Algérie et du Maroc. Les peuplements spontanés, en mélange avec des peupliers blancs, des saules et des aulnes, n'ont qu'une importance locale pour l'économie rurale et cela essentiellement dans la région circumméditerranéenne.

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Caractères botaniques et écologiques

onglet.gif (66 octets)Tronc souvent flexueux et assez court, déformé ainsi que les grosses branches par des broussins ; il peut atteindre un très fort diamètre (plus de 5 m) souvent apparemment augmenté par des contreforts.

onglet.gif (66 octets)Cime très dense, composée de fortes branches très ramifiées avec un grand nombre de rameaux courts, les rameaux longs sont minces et cylindriques.

onglet.gif (66 octets)Écorce blanc-jaunâtre qui évolue rapidement en un rhytidome noirâtre, très rugueux, fissuré longitudinalement et fréquemment orné d'excroissances noires.

 

onglet.gif (66 octets)Plastique au point de vue climatique et édaphique, le peuplier noir peut vivre sur des sols caillouteux, pauvres et secs, mais il n'y acquiert pas de belles dimensions et ses formes sélectionnées n'y réussissent pas.

Il se sème abondamment sur les délaissés et les berges des fleuves, rivières et même torrents, ce qui lui donne un intérêt pour la lutte contre l'érosion ; il rejette vigoureusement des souches mais ne drageonne qu'exceptionnellement (sur racines superficielles blessées) ; sa multiplication artificielle par bouturage est très facile.

On a parfois distingué les formes spontanées dont les rameaux, pétioles et jeunes feuilles sont pubescents (var. betulifolia Torr) mais il semble que les populations naturelles comprennent des individus pubescents à coté de sujets glabres.

 

Deux variétés ont été décrites dans le sud de l'Italie :

P. nigra var. caudina Tenore : jeunes feuilles et rameaux nettement tomenteux, rameaux longs presque anguleux à bois rougeatre avec feuilles assez grandes, port un peu érigé.

P. nigra var. neapolitana Tenore : glabre, à feuillaison verte, à port moins érigé (ALLEGRI rattache à cette variété le peuplier Farsi, clone male cultivé en Syrie).

Enfin DODE a décrit en 1903 comme espèce la variété suivante :

P. nigra var. thevestina Dode : rameaux très grêles, port extrêmement fastigié. On y attache toutes les formes étroitement fastigiées à fut cylindrique sans contreforts, de couleur claire et à rhytidome tardif, du Proche Orient et des Balkans (également d'Afrique du Nord).

Principaux clones et cultivars utilisés.

Populus nigra Cv. Italica
Il doit son nom à sa diffusion au 18ème siècle (importé en France en 1745) à partir de la vallée du Pô ou il avait vraisemblablement été introduit d'Asie (Iran ou même Afghanistan).

Très cultivé autrefois en Europe et diffusé dans le monde entier, ce cultivar a fait l'objet de nombreux ouvrages (cf. l'Art de cultiver les peupliers d'Italie 2ème édition - Paris - 1767 par Pelée de St-Maurice).

Sexe : male
Feuillaison : précoce
cime : très érigée
Sensibilité au phototropisme : faible
Aptitude à la populiculture : moyenne

Sa croissance juvénile en hauteur est très rapide ; sa plasticité écologique remarquable. Son port facilite son emploi en alignement et notamment en rideaux brise-vent, malheureusement son bois dont les qualités mécaniques sont excellentes, n'est pas propre aux utilisations modernes notamment au déroulage.

Il a été répandu partout et lorsque sa culture était en pleine régression en Europe il occupait encore une place importante en Amérique du Sud (Argentine et Chili). Il y est encore très cultivé en brise-vent (Rio Negro en Argentine) et son bois sert à la fabrication d'emballages sciés.

Il est toujours utilisé en Europe pour l'ornement et les architectes paysagistes l'apprécient particulièrement.

Populus nigra Cv. Chile
D'origine mal connue, il s'agit probablement d'une mutation à feuilles subpersistantes apparue au Chili. La croissance est plus rapide que celle de P. nigra Italica : il ne peut avoir un intérêt que dans les pays suffisamment chauds pour que la persistance des feuilles soit avantageuse.

En dehors du Chili, il est cultivé en Afrique du Sud et en Israël ou il permet d'obtenir en 3 à 4 ans un brise-vent comparable à celui que peut former Cupressus sempervirens en une bonne dizaine d'années ; producteur de bois intéressant il a l'inconvénient d'un puissant drageonnement (M. SALTIEL - 1964) et d'une grande sensibilité aux rouilles (Melampsora sp.).


(Bariteau - P. nigra de 3 ans)

Populus nigra var. thevestina Cv. Hamoui
Ce peuplier est très largement cultivé dans le Proche-Orient et diffusé dans la plupart des pays qui ont été occupé par les Arabes et les Turcs.

Sexe : femelle
Feuillaison : tardive
Cime : très fastigiée
Sensibilité au phototropisme : faible
Aptitude à la populiculture : bonne

Le tronc cylindrique blanc farineux, parfois presque luisant et se maintenant longtemps lisse (ALLEGRI) caractérise remarquablement ce bel arbre.

Assez bien adapté à la sécheresse de l'atmosphère, il réussit remarquablement sous les climats méditerranéens à tendance aride à condition de bénéficier d'irrigation ; il est médiocre et détruit par les maladies cryptogamiques en climat chaud et humide (Littoral syro-libanais) ; il ne supporte pas les basses températures hivernales (-10°C).

Cultivé en Syrie, au Liban et en Jordanie ainsi qu'en Irak (sous le nom de Spindar), en Iran (sous le nom de Tabrizih), il occupe dans ces pays plusieurs milliers d'hectares généralement sous forme de rangées simples ou doubles et parfois en massif mais toujours à une très forte densité qui limite la croissance en maintenant les qualités technologiques recherchées.

On le cultive également en Grèce, en Yougoslavie (Macédoine et Bosnie), en Bulgarie et d'une manière très limitée en Algérie (DODE l'a décrit comme le peuplier de Tebessa : thevestina).

Populus nigra var. thevestina Cv. R.103
Station expérimentale Cornetu (Roumanie)
Origine : inconnue (Proche-Orient ou Afrique septentrionale)
Multiplié à partir d'un arbre ' plus '
Sexe : femelle
Précocité feuillaison : 4/5
Cime : fastigiée
Sensibilité au phototropisme : faible
Aptitude à la populiculture : moyenne)

Populus nigra var. thevestina Cv. TR 56/52
Présenté à l'enregistrement par la Turquie
Origine : indigène
Sexe : male
Précocité feuillaison : comme Robusta
Cime : fastigiée
Sensibilité au phototropisme : faible
Aptitude à la populiculture : très bonne

Populus nigra var. thevestina Cv. TR 56/75
Présenté à l'enregistrement par la Turquie
Origine : indigène
Sexe : male
Précocité feuillaison : comme Robusta
Cime : fastigiée
Sensibilité au phototropisme : faible
Aptitude à la populiculture : bonne