Les maladies et ravageurs du peuplier

Les maladies et les ravageurs du peuplier sont nombreux, mais seuls quelques uns, qui peuvent poser des soucis sérieux en France, doivent être bien connus des populiculteurs.

Marssonina Brunnea

Photo feuille Marssonina brunnea (jpg - 25 Ko)

Le Marssonina brunnea est un champignon foliaire qui provoque une chute précoce des feuilles.

Dégâts

Ils commencent toujours par les branches basses et progressivement gagnent celles du dessus. Les feuilles atteintes, qui tombent précocement, présentent de petites taches brunes arrondies, généralement d'un diamètre inférieur au millimètre. La partie centrale de ces taches est plus claire et correspond avec la face inférieure. Ces taches, d'abord éparses, peuvent s'étendre. Les tissus environnants se décolorent, jaunissent et progressivement brunissent.

Des taches semblables se rencontrent aussi sur les pétioles, de même que sur les rameaux et sur les pousses terminales encore herbacées.

Dans des plantations très atteintes, on peut observer dès le mois de mai des feuillages réduit à un plumeau de feuilles dans la partie terminale.

De loin, les arbres atteints par la maladie sont reconnaissables : dans la première phase, par leur couleur verte moins intense, presque jaunâtre, et dans la phase suivante, par l'aspect moins dense du feuillage que prend la partie inférieure de l'arbre.

Conséquences

Cette défeuillaison a une répercussion d'autant plus importante sur la croissance de l'année que cette chute est précoce. Par ailleurs, elle a aussi une répercussion sur la végétation de l'année suivant celle de l'attaque. Elle détermine chez les sujets adultes un retard et une réduction du débourrage des bourgeons situés sur les branches basses dont plusieurs au cours du printemps meurent. Sur les jeunes plants attaqués l'année précédente, il est à craindre une sensibilité accrue aux crises de transplantation, aux attaques de Dotichiza populea et autres champignons corticaux.

Moyens de lutte

Ils sont principalement au nombre de 2 :

  • la sensibilité des cultivars au marssonina étant très variable, le moyen de lutte le plus efficace consistera à sélectionner les cultivars les moins sensibles (voir tableau ci-dessous) ;
  • la réalisation de traitement chimique par pulvérisation de fongicide sur le feuillage est une possibilité qui n'est pas utilisée en France sur les peupleraies du fait de son coût de mise en oeuvre, mais aussi de son impact environnemental.

Sensibilité au marssonina des cultivars inscrits sur la liste régionalisée 2008 des cultivars éligibles aux aides de l'Etat pour la culture en futaie :

Cultivar Sensibilité au Marssonina
A4A  assez résistant
Alcinde  résistant
Blanc du Poitou  moyennement sensible
Brenta  résistant
Dorskamp  assez résistant
Dvina  résistant
Flevo  assez résistant
Fritzi Pauley  assez résistant
I 214  très sensible
I 45/51  sensible
Koster  moyennement sensible
Lambro  résistant
Lena  résistant
Mella  résistant
Polargo   
Raspalje  assez résistant
Soligo  résistant
Taro  résistant
Trichobel  résistant
Triplo  assez résistant
Unal  assez résistant


(Source : GIS peuplier, Instituts obtenteurs italien, belge et hollandais)

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Dothichiza populea

Dothichiza populea  (jpg - 36 Ko)

Le Dothichiza populea représente un des agents pathogènes des plus dommageables sur les jeunes plants de peupliers. Ce champignon entraîne le dessèchement des plants atteints.

La manifestation de la maladie se traduit par l'apparition de taches de dimensions variables de teinte marron clair sur l'écorce. Cette couleur marron vire au brun plus ou moins accusé et même au noir par endroits. On peut observer au niveau des taches de légères dépressions ou de faibles boursouflures. La mort du plant suit généralement l'apparition de ces symptômes.

Actuellement, les dégâts de Dothichiza ont été très sérieusement réduits dans les jeunes plantations par des productions de plants en pépinière de bonne qualité et des conditions de plantations bien maîtrisées, permettant des reprises en plantations sans problème (taux de reprise en général entre 95 et 100 %).

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Les rouilles

Rouille du peuplier (jpg - 47 Ko)

La rouille est une maladie foliaire due à des champignons du genre Melampsora.

Cette maladie provoque des défoliations qui, suivant leur précocité, conduisent à des réductions de croissance, voire, dans la pire des situations, peuvent mettre en péril un peuplement quand des attaques sur plusieurs années successives se produisent.

En France, il existe 3 espèces de Melampsora sur peuplier : Melampsora larici populina, Melampsora allii populina et Melampsora medusae (plutôt au Sud de la France). La rouille Melampsora larici populina (rouille du mélèze) est la plus problématique pour la populiculture française.

Pour la rouille Melampsora larici-populina, il existe différentes formes appelées 'races' et qui sont au nombre de 5 : E1, E2, E3, E4 et E5. 

Il existe principalement 2 moyens de lutte :

  • la sensibilité des cultivars aux rouilles étant très variables, le moyen de lutte le plus efficace consistera à choisir les cultivars les moins sensibles (voir tableau ci-dessous) ;
  • la réalisation de traitement chimique par pulvérisation de fongicide sur le feuillage est une possibilité qui est peu utilisée en France sur les peupleraies du fait de son coût de mise en oeuvre, mais aussi de son impact environnemental. Pour le traitement chimique seule la spécialité commerciale ANTREX de Novartis, contenant 10% de cypronazole, est homologuée.

Sensibilité aux rouilles des cultivars inscrits sur la liste régionalisée 2008 des cultivars éligibles aux aides de l'Etat pour la culture en futaie :

Cultivar Sensibilité aux 5 race de rouilles du mélèze
A4A   assez résistant à E1, E2, E3, E4
Alcinde  assez résistant à E1, E2, E3, E4
Blanc du Poitou   sensible à E1, E2, E4
Brenta    sensible à E1, E2, E3, E4, E5
Dorskamp   moyennement sensible à E4
Dvina  assez résistant à E1, E2, E3, E4, E5
Flevo   assez résistant E1, E2, sensible E4
Fritzi Pauley   sensible à E1, E2, E3, E4, E5
I 214   sensible à E1, E2, E3, E4
I 45/51   sensible à E1, E2, E3, E4
Koster  moyennement sensible à E1, E2, E3, E4
Lambro   sensible à E1, E2, E3, E4, E5
Lena  assez résistant à E1, E2, E3, E4, E5
Mella   assez résistant à E1, E2, E3, E4, E5
Polargo  moyennement sensible à E4
Raspalje  sensible à E1, E2, E3, E4
Soligo   assez résistant à E4, E5
Taro   assez résistant à E1, E2, E3, E4, E5
Trichobel   sensible à E1, E2, E3, E4
Triplo   moyennement sensible à E1, E2, E3, E4
Unal   très sensible à E1, E2, E3, E4

(Source : GIS peuplier, Instituts obtenteurs italien, belge et hollandais)

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Le puceron lanigère du peuplier

Puceron lanigère (jpg - 80 Ko)

Le puceron lanigère du peuplier (Phloeomyzus passerinii - Signoret, 1875) constitue un des ravageurs les plus importants des peupliers, dans les zones où il est présent et sur les cultivars sensibles.

Ce ravageur est à l’origine d’importants dégâts, dans le Sud-Ouest de la France depuis 1995, depuis 2002 en Bourgogne, et sur toute la partie sud de la France en 2007.

Les pucerons femelles, au stade le plus facilement observé, ne dépassent pas 1,2 mm de long. Elles sont dépourvues d’ailes, de couleur vert jaunâtre et recouvertes d’une légère pruine grisâtre.

Vivant en colonies, ce puceron porte à l’extrémité de son abdomen d’abondantes secrétions de filaments cirreux blanchâtres qui recouvrent les troncs des peupliers, facilitant ainsi son repérage.

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Plus d'infos - A qui s'adresser ?

Le Département santé des forêts (DSF) du Ministère de l'Agriculture publie régulièrement des avertissements et des fiches concernant les maladies des peupliers, et s'appuie sur un réseau de correspondants locaux pour diagnostiquer les problèmes.

À consulter :