L'aide de l'Etat en matière d'investissement forestier ne peut être accordée que si l'opération envisagée apparaît, au point de vue économique, écologique et social, comme l'utilisation la plus rationnelle du terrain. Il est rappelé qu'il convient de porter une attention toute particulière à l'implantation de nouveaux boisements et d'écarter systématiquement toute demande d'aide sur des parcelles dont le boisement pourrait porter atteinte à l'intérêt général. Ainsi, la réalisation d'un boisement/reboisement doit toujours être précédée d'une réflexion sur l'opportunité du projet.
L'inadéquation essence/station est la 1ère cause d'échec des projets de boisement/reboisement. Dans certaines stations, même si la production de bois de peuplier reste possible, la rentabilité du projet est souvent remise en cause par le coût des travaux au regard de la production escomptée. Une analyse préalable s’impose donc en prenant notamment en compte les aspects stationnels et l’état du peuplement existant le cas échéant.
=> Eviter les stations marginales qui rendent indispensables des travaux coûteux.
=> Examiner la possibilité de tirer parti du peuplement existant par amélioration ou régénération naturelle avant d’envisager une transformation qui peut s’avérer coûteuse et parfois risquée.
=> vérifier que l’aménagement envisagé ne compromet pas l’équilibre et les fonctionnalités des écosystèmes présentant un intérêt particulier.
=> l’implantation de nouveaux boisements dans des milieux riches sur le plan écologique souvent en forte régression, tels que les prairies humides, forêts riveraines, forêts humides, tourbières et bas-marais, doit faire l'objet d'un examen tout particulier afin de s'assurer qu'aucun projet risquant de contribuer à la dégradation de ces types de milieu ne soit encouragé par des aides publiques.
Si une réflexion scientifique et technique au plan local permet d’identifier des zones où un boisement risque de poser un problème majeur, il faudra alors examiner avec circonspection la possibilité d’apporter un soutien à une opération de plantation.
Si une décision positive était néanmoins prise au terme d'un examen détaillé de tous les enjeux, il conviendrait alors de mettre en place le cas échéant, des prescriptions adaptées, notamment dans le cadre d'un protocole local.
Les peupliers sont parmi les essences forestières qui présentent les plus grandes exigences en eau, en alimentation minérale et en oxygène. Le choix de la station devra donc faire l’objet d’un examen particulièrement attentif.
=> Choisir les variétés les mieux adaptées à la station et à la sylviculture envisagée par le populiculteur, en fonction de ses objectifs et de ses moyens.
=> Eviter de planter simultanément des blocs d’une même variété d’une surface trop importante : environ 5 hectares maximum (cf. adaptations régionales et protocoles locaux).
Des distances minimales de 5 mètres de recul des plantations doivent être respectées selon la nature du fonds voisin en tenant compte, le cas échéant, des réglementations en vigueur. Un seuil supérieur pourra être retenu au niveau régional.
=> Ne pas planter trop près des cours d’eau ou plans d’eau, respecter cette distance minimale et permettre ainsi de :
=> Ne pas planter trop près d’une parcelle déjà plantée en peupliers, respecter cette distance minimale :
=> Ne pas planter trop près d’un fonds voisin, respecter cette distance minimale :
=> "Dimensionner" les interventions par rapport à la station et aux objectifs recherchés pour des raisons tant économiques qu’écologiques.
=> Raisonner les applications de produits agropharmaceutiques et de fertilisants en analysant l’ensemble des solutions techniques alternatives :
=> Dans certaines stations, le développement d’un sous-étage peut s’avérer favorable à la biodiversité
La reconstitution d'une peupleraie à l'identique n'est pas éligible aux aides de l'Etat, mais la plantation de peuplier peut, dans certains cas, nécessiter l'exploitation préalable de bois sur la parcelle. Il conviendra alors de respecter les mesures suivantes.
=> Réduire les dégâts de compactage du sol que peut provoquer la vidange des bois :
=> Respecter les cours d'eau pour des raisons hydrauliques et piscicoles :
=> Proscrire tout épandage de lubrifiant ou de carburant et récupérer systématiquement les emballages.
=> Traiter les rémanents en respectant les contraintes locales, notamment les risques d'inondation :
En raison de sa structure interne spécifique et du suivi technique dont elle fait assez souvent l’objet, la peupleraie possède une signature visuelle bien particulière : géométrie, perméabilité, lisière bien marquée et rythmée... Elle est ainsi susceptible d’être appréciée pour ses caractéristiques propres dans les territoires populicoles de longue date.
=> Eviter les mesures techniques consistant à "déguiser" la peupleraie, telles que la réalisation de lisières courbes, etc.
=> Eviter d’imposer un modèle unique de peupleraie : en termes de surfaces, densités de plantation, types d’entretien, etc., afin de maintenir ou favoriser la diversité des identités régionales liées aux peupleraies juxtaposées.
=> Prévoir dans certains cas la possibilité de réaliser des cultures intercalaires pendant 3-4 ans après la plantation ou de laisser se développer des ligneux spontanés.
Ces recommandations peuvent cependant s'avérer insuffisantes dans les zones où les plantations de peuplier ont connu une forte extension au cours de la dernière décennie. Il conviendra alors d'envisager une réflexion dans le cadre d'une étude paysagère préalable.