Actuellement, les obstacles sanitaires du peuplier sont principalement le chancre bactérien, les rouilles, le marssonina, et surtout le puceron lanigère, auxquels se rajoutent les risques climatiques comme les tempêtes.
Pour faire face à ces obstacles sanitaires, la populiculture, constituée de petits propriétaires (95 % ont moins de 5 ha) et d'un parcellaire morcelé (65 % de la peupleraie est faites de parcelles de moins de 10 ha) a deux choix stratégiques : la lutte chimique et la diversification génétique.
La lutte chimique est rapide, mais compliquée à mettre en place. En effet, les interventions sont difficiles à organiser d'un point de vue technique et pratique (surtout pour de la petite propriété), la logistique est lourde et le coût des traitements pèse fortement sur la rentabilité de la production. De ce fait, actuellement, seule la sauvegarde de peuplement en danger fait l'objet de lutte chimique.
La diversification génétique fondée sur l'utilisation de cultivars tolérants aux maladies, issus de l'amélioration génétique par hybridation, est complexe et longue à mettre en place. Une filière d'amélioration génétique qui va des chercheurs généticiens au pépiniériste, en passant par le développement et la vulgarisation est indispensable. La mise en place de cette diversification est longue. L'acquisition d’informations robustes et nécessaires à la vulgarisation exige du recul et le transfert du progrès sur le terrain prend beaucoup de temps (mise en place d’outils pédagogiques, vulgarisation, plantations).
Aujourd'hui, les premiers résultats sont perceptibles au travers du doublement du nombre de cultivars vendus en 15 ans et par une apparente meilleure maîtrise des problèmes sanitaires les plus anciens (chancre, marssonina et rouilles). Cependant, des progrès sont encore à réaliser pour l'obtention d'un meilleur équilibre dans la proportion des différents cultivars plantés.
Pour conclure, la lutte chimique qui n’est pas adaptée à la structure de la populiculture française est à considérer uniquement dans le cadre de la sauvegarde des peuplements en danger. Par contre, l'effort de la diversification génétique doit être poursuivi sans relâche et les difficultés de transfert résolus. Cette stratégie est la seule voie pour une populiculture durable.
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Eric Paillassa, CNPF Bordeaux
Tél. 05 57 85 40 41 - eric.paillassa@cnpf.fr