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Le point sur la santé du peuplier

  • 12/07/2011
2 communications ont fait le point sur la santé du peuplier lors d'un colloque organisé par l'IDF en mai 2011 : "les principaux problèmes des peupliers cultivés en France" (O. Baubet, Santé des forêts) et "Santé du peuplier : la course d'obstacles" (E. Paillassa, CNPF).

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Les principaux problèmes des peupliers cultivés en France

Les aspects sanitaires sont déterminants dans les orientations prises par la populiculture moderne. Différentes crises sanitaires comme le Marssonina sur le cultivar I-214 dans les années 70 ou les rouilles sur Beaupré dans les années 80 sont encrés dans les mémoires des populiculteurs. Ces crises sanitaires aboutissent au remodelage du système de production et influencent les choix des cultivars plantés.

Le peuplier subi une pression « parasitaire » importante et variée qu’il  faut connaître  pour mieux mesurer les enjeux.

Les insectes
Les insectes défoliateurs, peu spécifiques, s’attaquent à la production mais rarement au capital. Les insectes xylophages, point sensible des premiers stades des peuplements, doivent être évalués par rapport à la vitalité des arbres atteints. Le puceron lanigère du peuplier, découvert dans le Sud-Ouest en 1995, est considéré comme l’insecte occasionnant le plus de dégâts sur le peuplier. Ce problème émergent perturbe fortement la gestion populicole : le cultivar I-214 qui constituait une référence tant pour le populiculteur que pour les utilisateurs est très touché dans toute la populiculture du Sud de la Loire.

Les pathogènes foliaires
La rouille et marssonnina constituent une pression pathologique importante qui est testée dans les programmes de sélection. La populiculture, par l’installation simultanée de surface importantes du même cultivar, modifie le contexte épidémiologique.

Les dépérissements
Les problématiques de dépérissements sont également importantes. La compréhension de ces dépérissements passe par la prise en compte différents facteurs (climatiques, stationnel, sylvicole…). Dans ce contexte, l’adaptation du cultivar à la station et l’itinéraire technique d’installation et de gestion des peuplements sont essentiels.

La connaissance et l’évaluation des différents problèmes sanitaires font l’objet de suivis par le réseau de correspondants observateurs du DSF. Le populiculteur doit quant à lui assurer le suivi de ses parcelles et rester attentif aux informations phytosanitaires.

La diversification des cultivars est l’enjeu de la décennie qui s’annonce et qui va aboutir à la modification du paysage populicole Français. Les nouvelles orientations prises par la populiculture  intègrent  une approche sanitaire pour préserver la populiculture de nouvelles grandes crises.

Contact :

Olivier BAUBET, DRAAF Auvergne –SRAL – Pôle interrégional Massif Central de la santé des Forêts
Tél. 04 73 42 16 21 - olivier.baubet@agriculture.gouv.fr


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Santé du peuplier : la course d'obstacles

Actuellement, les obstacles sanitaires du peuplier sont principalement le chancre bactérien, les rouilles, le marssonina, et surtout le puceron lanigère, auxquels se rajoutent les risques climatiques comme les tempêtes.

Pour faire face à ces obstacles sanitaires, la populiculture, constituée de petits propriétaires (95 % ont moins de 5 ha) et d'un parcellaire morcelé (65 % de la peupleraie est faites de parcelles de moins de 10 ha) a deux choix stratégiques : la lutte chimique et la diversification génétique.

La lutte chimique est rapide, mais compliquée à mettre en place. En effet, les interventions sont difficiles à organiser d'un point de vue technique et pratique (surtout pour de la petite propriété), la logistique est lourde et le coût des traitements pèse fortement sur la rentabilité de la production. De ce fait, actuellement, seule la sauvegarde de peuplement en danger fait l'objet de lutte chimique.

La diversification génétique fondée sur l'utilisation de cultivars tolérants aux maladies, issus de l'amélioration génétique par hybridation, est complexe et longue à mettre en place. Une filière d'amélioration génétique qui va des chercheurs généticiens au pépiniériste, en passant par le développement et la vulgarisation est indispensable. La mise en place de cette diversification est longue. L'acquisition d’informations robustes et nécessaires à la vulgarisation exige du recul et le transfert du progrès sur le terrain prend beaucoup de temps (mise en place d’outils pédagogiques, vulgarisation, plantations).

Aujourd'hui, les premiers résultats sont perceptibles au travers du doublement du nombre de cultivars vendus en 15 ans et par une apparente meilleure maîtrise des problèmes sanitaires les plus anciens (chancre, marssonina et rouilles). Cependant, des progrès sont encore à réaliser pour l'obtention d'un meilleur équilibre dans la proportion des différents cultivars plantés.

Pour conclure, la lutte chimique qui n’est pas adaptée à la structure de la populiculture française est à considérer uniquement dans le cadre de la sauvegarde des peuplements en danger. Par contre, l'effort de la diversification génétique doit être poursuivi sans relâche et les difficultés de transfert résolus. Cette stratégie est la seule voie pour une populiculture durable.

Contact :

Eric Paillassa, CNPF Bordeaux
Tél. 05 57 85 40 41 - eric.paillassa@cnpf.fr


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Thème Populiculture, Santé des forêts
Mots-clés santé des forêts, peuplier

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