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Le Puceron
lanigère ![]()
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Bilan 2003 - Bilan 2006 - Sensibilité des cultivars
S'INSTALLE DANS LE SUD-OUEST DE LA FRANCE ( 2001-2002)
(Francis Maugard, DFS Sud-Ouest - Bilan annuel 2001-2002)

Le puceron lanigère, Phloeomyzus passerinii (Signoret 1875), synonyme: Phloemyzus redelei Hills Ris Lambers 1931 - est un homoptère de la famille des aphididés; les insectes sont de couleur vert-jaune ou vert sombre suivant les stades, et ils sont généralement dissimulés sous d'abondantes sécrétions cireuses blanchâtres qui permettent une détection aisée des colonies. En cas d'attaques massives, les sécrétions cireuses finissent par recouvrir l'ensemble du tronc et la base des branches; elles peuvent également recouvrir la végétation herbacée et le sous-bois de la peupleraie.

Puceron sur Timavo de 6 ans à Bariteau (du sol jusqu'à 1,50 m)
Le puceron lanigère est originaire d'Europe centrale et s'est développé autour du bassin méditerranéen (Arzone et Vidano, 1984). Sa distribution géographique comprend actuellement la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Espagne, l'Italie, l'Égypte, le Maroc, la Russie et le Pakistan. Ce puceron a par ailleurs été introduit en Amérique.
En Italie, les attaques les plus importantes ont été signalées dans la plaine du Pô ou depuis une quinzaine d'années des infestations particulièrement massives ont été constatées, spécialement en 1980, 1982, 1984 et 1987. En France, ce puceron connu à l'état endémique depuis 1939, n'a que très rarement été observé en phase épidémique.

Depuis 1995, les attaques se répètent de façon plus ou moins cyclique.
En France, ce puceron n'est à l'origine d'attaques significatives que dans le Sud-Ouest. Les premières attaques de puceron lanigère ont été observées en 1995 dans le Tarn-et-Garonne. Il est cependant possible que des attaques ayant abouti à des mortalités aient eu lieu en 1994 dans le nord-ouest du Gers et le sud du Lot-et-Garonne. L'historique des attaques du puceron lanigère dans le Sud-Ouest de la France peut se résumer de la façon suivante:
1995: premières attaques massives observées dans le Tarn-et-Garonne sur une quinzaine de parcelles situées dans la vallée de la Garonne;
1996: traces de l'insecte en Dordogne, dans le Lot-et-Garonne et les Hautes-Pyrénées;
1998: importante attaque dans une parcelle isolée sur la commune de Meilhan dans le Lot-et-Garonne;
1999: importantes attaques dans le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne sur de nombreuses parcelles de vallée; une peupleraie très fortement atteinte dans le nord du Lot, le long d'un affluent de la Dordogne; traces d'attaques dans le Gers et les Landes;
2001: attaques considérables dans la vallée de la Garonne, dans les départements du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne.
Ce bref historique permet de constater que de fortes attaques généralisées ne sont jamais observées deux années de suite. Cette situation est conforme à ce qui se passe en Italie depuis le début des années 1980. Ce développement cyclique est certainement lié au cortège parasitaire du ravageur qui est généralement très actif sur les pucerons.

La tige ou le tronc peuvent prendre une couleur violacée
Le puceron lanigère attaque de préférence les peupleraies "adultes".
Les peupleraies touchées sont généralement installées sur des sols limoneux, limono-argileux ou limono-sableux profonds, favorables à la culture du peuplier. Il s'agit donc généralement de peuplements vigoureux, ayant des niveaux de croissance satisfaisants.

De façon générale, le puceron lanigère attaque les peupleraies de plus de 6 - 7 ans. La circonférence moyenne des peuplements attaqués est voisine de 100 cm, des attaques importantes pouvant être exceptionnellement observées dans des peuplements plus jeunes dont la circonférence moyenne est voisine de 70 cm. Les peupleraies âgées, plus sombres et plus humides, offrent en effet des conditions de luminosité et d'hygrométrie plus favorables aux pucerons.

Hunnegen de 17 ans sur sol sablo-argileux séchant
Des attaques de puceron peuvent se développer sur de jeunes arbres, à l'abri de protections contre le gibier en plastique opaque de type spirale ou protectron. Ces attaques, généralement limitées, sont sans conséquences.

Fumagine - Franck Massé CRPF Centre
L'intensité des attaques varie sensiblement selon les années.
L'importance des attaques est évaluée en estimant la proportion de tronc recouvert par les colonies de pucerons sur un minimum de 60 arbres. Le recouvrement moyen des troncs d'arbres attaqués donne une idée de l'intensité de l'attaque...
Il existe de sensibles variations interannuelles des niveaux d'attaques, notamment en ce qui concerne le taux de recouvrement moyen, alors que le pourcentage d'arbres attaqués est moins variable. Dans tous les cas, la proportion moyenne d'arbres attaqués dépasse 60% et elle peut atteindre presque 100% dans les parcelles les plus affectées.
1995, première année d'attaque, apparaît comme l'année ou les attaques ont été les plus intenses et les plus concentrées. En 1999, les attaques ont été de moindre intensité dans la vallée de la Garonne, le puceron ayant probablement été gêné par de fortes pluies d'orage à répétition qui se sont abattues dans cette région.
Le cultivar I 214 est le plus attaqué des peupliers cultivés dans le Sud-Ouest de la France.

Puceron sur Timavo de 6 ans
Les peupliers cultivés ne présentent pas tous la même attractivité ni la même sensibilité vis-à-vis du puceron lanigère (Lapietra et Allegro, 1990). En 1995, la presque totalité des attaques observées concernaient le cultivar I 214. Dans une parcelle composée de deux clones, 63% des I 214 étaient attaqués par le puceron lanigère, alors que seulement 4% des I 45/51 étaient porteurs d'insectes (Maugard, 1996). Les nouvelles observations confirment la forte attractivité du I 214 vis-à-vis du puceron lanigère, mais d'autres cultivars (Dorskamp, I 45/51) sont également affectés.
Un classement précis des cultivars est difficile à faire car ils ne sont pas souvent présents sur les mêmes sites. Le I 214 reste cependant dans tous les cas plus attractif que le Dorskamp et le I 45/51. Par ailleurs, des attaques ponctuelles d'assez forte intensité ont été observées sur le Triplo dans plusieurs dispositifs d'essais.

Franck Massé - CRPF Centre
Les attaques de puceron lanigère provoquent des pertes d'accroissement et des dégradations de la vigueur des arbres.
Grâce à ses stylets buccaux, le puceron lanigère atteint les vaisseaux du liber pour se nourrir de sève élaborée (Allegro, 1989). Il émet alors une salive toxique qui détruit localement les tissus conducteurs de sève et perturbe le processus de nutrition de la plante hôte. Les attaques du puceron lanigère se traduisent finalement par l'altération du feuillage, la réduction de la croissance et la dégradation de la vigueur.
En cas d'attaques importantes, les premiers dessèchements de branches sont visibles en fin de saison de végétation, dès le mois de septembre. Ces dessèchements s'intensifient généralement au printemps suivant l'attaque. Les suivis effectués montrent que les défoliations variant de 50% à 70% de la masse foliaire peuvent apparaître sur des arbres dont le tronc est recouvert à 40% par le puceron. Des attaques plus limitées (5% à 20% de recouvrement) génèrent des pertes foliaires qui concernent 20 à 40% du feuillage.
Les attaques de puceron lanigère ont également un effet sur la croissance des arbres. Dans trois parcelles suivies, les arbres très attaqués par le puceron (recouvrement >35%) ont toujours un accroissement en circonférence nettement inférieur à celui des arbres sain. Ce déficit d'accroissement varie de 20 à 50% suivant les parcelles.
Les attaques de puceron génèrent par ailleurs une nette dégradation de l'état physiologique des arbres. Un an après le développement du puceron, des mortalités apparaissent sur environ 5% des arbres attaqués. A cela s'ajoutent des phénomènes de dépérissement 'dégénérescence progressive) qui atteignent 10 à 15% des tiges colonisées.
La forte nocivité du puceron lanigère peut justifier l'utilisation de traitements chimiques, mais ceux-ci sont difficiles à mettre en oeuvre.
Les Karaté vert et Xpress, produits à base de Lambda-Cyalothrine, sont homologués depuis le mois de février 2001 contre les pucerons des parties aériennes des feuillus. Les premières applications contre le puceron lanigère du peuplier ont été réalisées en août 2001; elles confirment l'efficacité du produit qui, dans les meilleurs cas, a permis une diminution de 80% du nombre d'insectes présents à l'unité de surface. La proportion de tronc recouverte par les colonies de pucerons était, elle, réduite suivant les cas de près de 50% à plus de 70%. Un examen plus attentif permet de constater que seule la partie basse des colonies est détruite? ALORS QUE LA PARTIE HAUTE RESTE INTACTE. Ce constat illustre les difficultés rencontrées pour atteindre la partie supérieure du tronc sur des arbres dont la hauteur totale est fréquemment largement supérieure à 20 m.
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Commission nationale du peuplier du 21 juin 2004 (extraits)
Lors de la dernière Commission I 214 et Triplo avaient été mis sous surveillance en raison des attaques de pucerons lanigères constatées en Aquitaine et Midi-Pyrénées. Les attaques constatées ces deux dernières années ont touché non seulement les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, mais aussi la Bourgogne. Des attaques importantes mais localisées ont également été constatées en région Centre-Ouest. Il est difficile de savoir à quoi est due cette remontée vers le Nord du puceron lanigère, mais il semble que la composition clonale des peupleraies y soit pour beaucoup.
Le puceron lanigère est originaire du Sud de l'Europe centrale. En Italie, les premières attaques datent de 1930; depuis 1978, des attaques fréquentes sont observées, tous les 2 ans environ.
En Espagne les premières attaques datent de 1940 et les attaques régulières de 1980.
En France, le puceron lanigère a été observé pour la première fois en 1936, mais les premières attaques sur le peuplier datent des années 1960. Depuis 1995, des attaques importantes sont observées, tous les 2 ans environ, en vallée de la Garonne.
En vallée de la Garonne, lors d'une attaque d'intensité moyenne sur des I 214 de circonférence supérieure à 90 cm, on estime la mortalité à environ 40%, ce qui est loin d'être négligeable (le cultivar I 214 est connu comme très sensible aux attaques de pucerons lanigères).
Quand on parle de sensibilité d'un cultivar au puceron lanigère, il convient de distinguer deux notions:
- le niveau d'attraction/appétence de chaque cultivar
vis-à-vis du puceron,
- la sensibilité de chaque cultivar aux attaques
* De la combinaison de ces 2 paramètres résulte l'intensité, la fréquence,
et la gravité des attaques de pucerons lanigères observées sur un cultivar
donné.
En Italie, des tests en routine sont menés à l'Institut de Casale Montferrato pour évaluer la sensibilité de chaque cultivar au puceron lanigère. Ces tests donnent A4A, Triplo et I 45/51 tous aussi sensibles que I 214 . Toutefois, ces niveaux de sensibilité sont évalués après infection artificielle et ne permettent pas d'évaluer l'appétence des cultivars vis-à-vis du puceron.
En France, le DSF constate que:
- I 214 est le cultivar le plus appétant et le plus sensible
- Triplo est très appétant
- I 45/51 est largement moins appétant que I 214, par contre il est sensible
- Dorskamp est appétant au même titre que I 45/51 mais peu sensible
- A4A est appétant et sensible (selon les informations italiennes).
Le puceron est connu pour avoir un cortège parasitaire important (coccinelles, etc...) ce qui doit expliquer la périodicité des attaques (tous les 2 ans): la population augmente, les prédateurs de pucerons se multiplient, la population de pucerons diminue sous l'effet de la prédation, la population des prédateurs diminue, puis la population de pucerons ré augmente, en l'absence de prédation.
Si la lutte biologique fonctionne bien en milieu fermé (sous serre), elle est beaucoup plus difficile à pratiquer en extérieur, car aucun prédateur spécifique de pucerons lanigères du peuplier n'a encore été identifié. En matière de traitement chimique, il existe un produit homologué (Karaté Xpress: substance active: lambda-cyhalottinne) mais même si son efficacité est satisfaisante, il n'est pas très facile de l'appliquer sur des couronnes à 20-25 mètres de hauteur.
En conclusion, même s'il n'est pas envisageable de supprimer I 214 de la liste régionalisée en Aquitaine et Midi-Pyrénées il faudrait disposer d'outils permettant de réguler l'utilisation de ce cultivar, par exemple, mettre en place une procédure de limitation des surfaces affectées à chaque cultivar. Il convient en outre de mettre I 214 sous surveillance en Bourgogne, Franche-Comté et Rhône-Alpes, en plus des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, ou la surveillance est maintenue.
M. de Boissieu constate qu'une telle procédure de limitation des surfaces serait délicate à mettre en place.
M. Paillassa ajoute qu'il existe un certain nombre de cultivars potentiellement intéressants dans les régions touchées par le puceron lanigère: Brenta, Mella, Lambro, Taro, Soligo, Dvina et Lena. Ces cultivars sont inscrits sur la liste régionalisée et permettraient d'accroître la diversification, si seulement il était possible de se procurer des boutures chez les pépiniéristes. Malheureusement on constate de gros problèmes de commercialisation .
M. Jaubertie précise qu'Agri-Obtention est prêt à acheter les licences et à produire les plants, mais les obtenteurs italiens ne se décident pas à donner ces licences. Ils préféreraient les vendre mais ne savent pas encore à quel prix.
M. Le Bouler ajoute que lorsque les droits auront été négociés, la nouvelle technique de micro-bouturage mis au point à Guémené Penfao permettra de fournir très rapidement un grand nombre de plants. Une fois que les accords auront été passés entre Agri-Obtention et les obtenteurs italiens, la durée de réaction sera probablement écourtée grâce à cette technique. ...
Depuis ... il a été repéré en Mayenne en 2003 et en Maine et Loire en 2004... et au Moulin de Bariteau en 2005 sur un Timavo et I 214.
Dispositif national de suivi
Dans le cadre de la nouvelle stratégie de recueil de l'information du DSF, le puceron lanigère du peuplier va faire l'objet d'un suivi intensif. L'objectif de ce suivi est dans un premier temps de mieux connaitre et comprendre le développement de ce ravageur et de mieux cerner les dégâts occasionnés. L'alerte dans le cadre de la mise en oeuvre d'une lutte phytosanotaire est envisagée pour les régions qui réalisent habituellement cette lutte. Dans les secteurs ou l'insecte n'est pas encore présent, des recherches systématiques vont être réalisées.
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