Les Peupliers de France
Le Fusarium avenaceum ![]()
(Groupe de Travail de la maladie de la CIP - 1981)
Fusarium avenaceum (Fr.) Sacc.
Ce faciès maladif, à rapporter aux attaques d'un Fusarium, le Fusarium avenaceum (Fr.) Sacc., a été observé essentiellement, depuis 1950, en France et dans de nombreux pays européens.
Les attaques de ce champignon peuvent se manifester en pépinière sur des arbres de deux à trois ans (des lésions chancreuses pouvant alors être observées à divers niveaux des jeunes troncs); les attaques peuvent être également relevées en plantation, sur des arbres âgés de 10 à 15 ans, l'action du champignon aboutissant à une désorganisation des tissus (peu apparente extérieurement) au niveau de la zone atteinte (qui se situe le plus souvent entre 4 et 8 m sur le fût de l'arbre). Lorsque les attaques sont observées en plantation, on note que l'action du vent peut ultérieurement entraîner le bris de l'arbre, la cassure se manifestant au niveau de la zone ou le champignon prolifère.
En pépinière, les attaques peuvent se manifester sur la totalité des plants (100%), plants de deux ou trois ans, qui ne peuvent généralement être commercialisés, ce qui entraîne une perte sévère pour le pépiniériste.
En plantation, les attaques sont moins généralisées et c'est le plus souvent dans une peupleraie un pourcentage d'arbres plus faible (5 à 15%) qui est atteint. Les attaques peuvent souvent passer inaperçues et c'est essentiellement s'il y a cassure que l'observation peut être faite.
Ce type d'altération a été décelé pour la première fois en France, en 1950, dans diverses pépinières de l'Oise et de l'Aisne, ou les plants étaient tous atteints par la maladie et avaient perdu toute valeur marchande. Par la suite, toujours en France, ce parasite a été observé dans le Finistère, l'Isère et le Lot et Garonne. Des observations intéressant ce faciès maladif ont été faites ultérieurement dans diverses pépinières et plantations en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Yougoslavie et en Bulgarie.
Si la manifestation de la maladie est relevée en pépinière sur des arbres de deux ou trois ans, on note, sur les jeunes tiges, une série de lésions chancreuses ayant l'aspect de "gerçures" longitudinales (aspect dit "en griffe de chat"). Les lésions sont, le plus souvent, en concordance avec les étages de végétation et, au niveau des "griffes", les fibres du péricycle dilacérées manifestent une coloration pourpre/lie de vin ou rougeâtre.
Avec l'âge, la maladie semble se résorber lentement, les "gerçures" se cicatrisent, les bourrelets réactionnels s'émoussent. D toute façon, les arbres atteints en pépinière sont pratiquement invendables. En plantation, avant la cassure de l'arbre, la maladie est assez difficilement décelable. A l'emplacement d'un ancien étage de végétation, le plus souvent, on note l'apparition d'un léger bourrelet en forme de "croissant"; c'est au niveau de ce bourrelet que, si elle à lieu, se manifeste la cassure de l'arbre (cette cassure peut se manifester même sous l'action d'un vent faible, lorsque au niveau de la zone altérée, les tissus ligneux sont suffisamment désorganisés sous l'action du Fusarium).