Le Contact alimentaire

SYNTHÈSE DE LA RÉGLEMENTATION

 SUR LE CONTACT ALIMENTAIRE DES EMBALLAGES BOIS
(trouvée sur internet - 2005)

 Documents divers - Syndicats

Le bois a toujours été un matériau apprécié au contact des aliments, mais en raison de lacunes réglementaires et normatives, du manque d'arguments scientifiques, les produits en bois et à base de bois sont aujourd'hui souvent écartés et remplacés par des matériaux concurrents. La mise en place d'une stratégie concrète devient donc nécessaire et urgente, afin de maintenir l'usage du bois dans les applications ou il est déjà empiriquement reconnu, et pour promouvoir l'utilisation de ce matériau naturel et écologique.

Il existe 3 types de problèmes de sécurité liés aux emballages :

         -          Contact alimentaire des emballages légers fruits et légumes, fromages, huîtres, pains  
         -         
Contact alimentaire avec les autres aliments : planches de découpe des viandes, chambres froides,…  
         -         
Sécurité phytosanitaire du transport international des emballages.  

 Définition de l’emballage : Directive européenne 94/62/CE. L’emballage est tout produit constitué de matériaux de toute nature destiné à contenir et à protéger des marchandises. Cette Directive est relative aux emballages et à leurs déchets. Sa transposition en droit français est le Décret 98-638. (réduction à la source, teneur minimale en métaux lourds, caractère réutilisable ou valorisable). Des normes CEN établissent les règles de mise en application.

 Il peut être en bois (nomenclature : NAF 204 Z). Il doit permettre le stockage, la manutention et le transport.

 Norme  NF H 00-008 : emballages parallélépipédiques pour fruits et légumes. Dimension d’encombrement. L’encombrement doit être de  20 dm3 pour un poids de 1 kg.

 Norme NF H 03-003-1 : précise que la hauteur maximale de stockage et de transport ne doit pas dépasser 2,20 m. 

 Le conditionnement doit répondre à des contraintes d’hygiène et de coût et assurer la sécurité alimentaire.

 C’est aux interfaces emballages/produit et emballage/environnement que se posent les questions de sécurité.  

 Contact alimentaire des emballages primaires.

 Les textes officiels français et européens actuels qui nous servent de référence sont :

-          l’Arrêté du 15 novembre 1945 – concernant la liste des matériaux susceptibles d’être utilisés pour la santé publique dans la fabrication des instruments de mesures,

-          l’Arrêté du 28 décembre 1992 – concernant les conditions d’hygiène des produits de la pêche. (il doit s’agir de bois neuf, non traité et non ré-utilisable).

-          Arrêté d’utilisation du Bromure de méthyle du 04 août 1986 – annexe 1 : liste des denrées susceptibles d’être traitées : fruits et légumes frais et secs , entre autres.

-          Directive européenne 64/433/CE : L’utilisation d’instruments et d’équipements en bois dans les abattoirs et dans les ateliers de transformation des viandes est interdite.

-          Arrêté du 04 avril 1996 fixant les conditions d’agrément d’entreposage des denrées. L’emploi du bois sans revêtement et la sciure de bois est interdit pour la construction d’installations fixes à l’intérieur des Chambres froides.

 Faute de textes précis actuellement, une Directive européenne cadre n° 89-109 CE  du 28 décembre 1988 précise le principe d’inertie des matériaux au contact alimentaire. Celle-ci a été abrogée en même temps que la Directive 80-590 et remplacée par le Règlement n° 1935-2004 du 27 octobre 2004.

 La transcription en droit français de cette Directive est le Décret n° 92-631 du 08 juillet 1992 ( Principe d’inertie : art. 3 - les matériaux ne doivent pas céder aux denrées). Critères de pureté des matériaux et les limites de migration globale et spécifique. (cette transcription a-t-elle pris en compte la nouvelle Directive 1935-2004 ?

 Directive européenne 76/769 modifiée par 91/173, 91/338, 91/339, relative à l’interdiction du pentachlorophénol dans le traitement des bois. Les bois traités  ne peuvent entrer au contact des produits bruts, intermédiaires ou finis destinés à l’alimentation humaine ou animale.

 Décret 94/647 du 27 juillet 1994 (transposition de la Directive 94/647) : les bois traités au pentachlorophénol ne peuvent être utilisés pour les emballages pouvant entrer en contact des aliments.

 En l’absence d’une réglementation spécifique, les industriels du secteur papier/carton ont élaboré un « Guide de bonnes pratiques ».

 Un règlement européen  (n° ? ) du 28 janvier 2002 instaure le principe de la prévention de la ferme à la table – Inertie et Hygiène des emballages est un thème majeur.

 D’après le Professeur Stéphane DESOBRY, directeur du Laboratoire de physicochimie et génie alimentaires de l’Institut National Polytechnique de Lorraine, l’aptitude du bois au contact alimentaire n’est pas remis en question mais une réactualisation des textes sera réalisée dans les prochaines années.  

Note d'information n° 2006-58 de la DGCCRF - Dossier .pdf à télécharger : alimentarité.pdf 

Objet : matériaux au contact des denrées alimentaires - cas du bois. Complément de la note d'information 2004-64 du 6 mai 2004.

Le réglement (CE) n° 1935/2004 du 27 octobre 2004 précise que les matériaux et objets mis ou destinés à être mis au contact des denrées alimentaires doivent être inertes vis-à-vis des denrées alimentaires.

Toutefois, un certain nombre de matériaux ne font pas encore l'objet d'une réglementation spécifique, que ce soit au niveau de l'UE ou au niveau national, ou sont réglementés de manière incomplète. C'est en particulier le cas du bois. Pour pallier ces difficultés, la DGCCRF a réuni les laboratoires compétents dans le domaine des matériaux au contact, les représentants des industries des matériaux et transformateurs et des industries agroalimentaires, au sein d'un groupe de travail intitulé "Groupe de réflexion sur la réglementation et les modalités de contrôle de l'inertie des matériaux pour contact alimentaire".

La présente note d'information a pour objet de faire partager le résultat des travaux de ce groupe de travail. La fiche "bois" est à destination des laboratoires travaillant dans l'analyse des matériaux au contact.

Contamination microbiologique : En dehors de produits alimentaires bruts (fruits et légumes),les fromages, les huîtres et le pain, les emballages en bois sont généralement proscrits. Est en cause la surface du bois poreuse qui n’est pas lisse et qui peut retenir les bactéries et virus.

 Des études comparatives avec d’autres supports sont en cours concernant les bactéries de Bacillus cereux et  Eschericia coli, et le virus de l’hépatite A .

 Pour les articles industriels en général, la sécurité produit est assurée par la mise en œuvre de normes spécifiant les caractéristiques dimensionnelles des emballages, leurs coefficients de transmission aux gaz et à la vapeur d’eau, les tests de résistance mécanique.

 Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France a diffusé une liste des substances admises en France dans le domaine de la préservation du bois destiné à entrer en contact avec des aliments.  

 Protection phytosanitaire des emballages tertiaires.

 Norme internationale de mesures phytosanitaires n° 15 de la FAO (août 2003).

 La NIMP 15 reconnaît 2 traitement curatif du bois pour les transports internationaux :

         -          Traitement thermique à cœur à 56° C durant 30 minutes,

-          Fumigation au Bromure de méthyle

 La Directive européenne 2004/102/CE du 5 octobre 2004 : les emballages circulant dans la CEE doivent avoir la norme NIMP 15 au 21 décembre 2007.

 La Directive européenne 93/43 oblige à garantir l’hygiène alimentaire conforme au système HACCP.

 Système HACCP – Visant à améliorer la salubrité des aliments depuis le stade de production primaire jusqu’à la consommation finale.

Identification des caractéristiques physiques, chimiques, organoleptiques des produits (spécification des emballages, entre autres). Généralement élaboré autour du danger microbien.  

 Études réalisées ou en cours

 A) Étude du Laboratoire national d’essai (LNE)

 Dans le cadre de la Directive 89-109/CE, Analyse de l’aptitude au contact des aliments (essai de migration dans des simulants d’aliment, dosage de substances résiduelles dans les matériaux, évaluation des modification organoleptiques des aliments vers les matériaux).

 B) Études ENSAIA  de Nancy – Interactions Aliment - Emballage

 -          Interactions hybrides entre aliment et matériau d’emballage. (Carole Bizet 1997) – Migration de l’humidité superficielle d’un fromage à pâte molle de type « Camenbert ». Modéliser les transferts réactifs de l’eau depuis la surface d’un aliment humide vers l’air ambiant à travers l’emballage. Faire apparaître l’impact de capillarité et la diffusion sur les migrations d’eau. Cette thèse à aussi permit la mise au point d’un film d’emballage comestible.

-          Facteurs d’altération des flores de surfaces des fromages à croûte naturelle en vue de l’optimisation de systèmes d’emballage et de conditionnement. (Bruno Roger 1999). Modéliser les échanges gazeux entre le fromage à pâte molle, type « Camembert » et son environnement. Amener la durée de conservation du fromage à 10 semaines. Etude des transferts d’oxygène, de CO2. Le modèle de transfert est applicable à de nombreux produits emballés : viandes, poissons, fruits, légumes et fromages.

-          Migration des molécules volatiles dans un système Aliment/Emballage. (Mohammad Mousavi 1998). Avec le soutien du SIEL . Etude des transferts de molécules volatiles du bois vers les aliments. Il a été ainsi démontré que la migration des molécules volatiles du bois vers les aliments respecte en tout point la réglementation. Les travaux se poursuivent sur les molécules non-volatiles.

-          études en cours : formation des biofilms microbiens sur supports en bois (organismes adhérents à la surface du bois) – Recherche sur les matériaux interactifs (anti-microbiens) et sur les migrations chimiques et microbiologiques du bois vers les aliments.  

 C) Etudes du CTBA

 Contrôle de la qualité microbiologique d’emballages bois destinés au contact des aliments. (partenaire Ensaia).

 Ecologie microbienne des planches d’affinage de fromages à croûte lavée. Caractérisation des propriétés du biofilm vis-à-vis de Listeria monocytogènes. Pratique justifiée par les propriétés mécaniques du bois et sa capacité hydrique régulatrice.

 Modification du bois : Amélioration des propriétés biologiques, physiques et chimiques du bois.

 Traitement phytosanitaire  du bois par chauffage à cœur- 2003 (dans le cadre de la NIMP 15) : réalisé sur 4 essences dont le peuplier.

 Séchage du peuplier avec phase vapeur – 2003

 Amélioration de la résistance du bois face aux agents de dégradation (insectes, champignons).

 D) Etudes de l’Université du Wisconsin – Madison (USA)

 Les microbes pathogènes préfèrent le plastique.

Le Docteur Dean Cliver, professeur à l’école de médecine vétérinaire de l’Université de Californie s’est penché sur le problème de survie des bactéries sur des planches à découper (pain, fromage,…) : des planchettes (neuves et anciennes) de 9 essences et de 5 matériaux synthétiques différents  ont été polluées avec des germes de Campylobacter, Listeria monocytogènes, Staphylococcus aureus et stockées en atmosphère de haute humidité, à température ambiante. Sur les surfaces synthétiques les germes se sont multipliées de 10 à 100 fois en 12 heures. Sur les planchettes en bois, malgré la haute humidité et dans le même temps, les germes ont totalement disparu.

 Il a été démontré que sur des surfaces usées par les lames de couteaux, dans un environnement de cuisine familiale, les supports en plastique retenaient plus les bactéries que les supports en bois.

 Le Professeur Wolfgang Mueller de l’Institut d’hygiène de l’Université de Hohenheim PR7S DE Stuttgart présente une explication : « le bois en tant que pur produit de la nature, contient des polyphénols d’origine végétale, qui ont un effet désinfectant ». Ainsi, le bois se protègerait de façon naturelle contre les germes.  

 E) Etudes de l’Université de Stanford (USA)

 Le PVC pose des problèmes de désinfection dans l’agro-alimentaire. Les bactéries s’incrustent dans le matériau et se développent, surtout après traitement avec des bases savonneuses (corps gras) qui laissent un film propice au développement bactérien. La solution de la désinfection par la vapeur pose le problème de la détérioration du support. En effet, une bonne désinfection se fait à une température de l’ordre de 140 °C. A ces températures, le PVC se dégrade avec apparition de criques dans le matériau, refuge apprécié des germes.

 F-1) Journal of Food Protection 2005

 Des cageots de bois de peuplier sec et des surfaces de verre en pyrex ont été contaminés artificiellement par des suspensions aqueuses de deux bactéries (Escherichia coli et Bacillus cereus). Après différentes durées de stockage à 25 °C le nombre de cellules bactériennes présentes sur les deux types de surface ont été déterminées par une méthode basée sur une mesure d’impédance. Les propriétés physiques et chimiques du bois ont provoqué une diminution importante et rapide du nombre de cellules bactériennes.

Après 4 h de contact l’activité métabolique résiduelle de Bacillus cereus correspondait à moins de 10 % de l’inoculum  apporté initialement.

Avec un faible niveau d’inoculum initial 1240 cellules d’Escherichia coli, la stérilité du bois a été atteinte après 24 h de contact. Avec un inoculum plus élevé d’Escherichia coli (1 millions de cellules bactériennes) et après un contact prolongé à 145 heures, peu de bactéries étaient viables correspondant à l’activité métabolique de 4 cellules bactériennes.

 A l’inverse, sous les mêmes conditions de stockage, quand les bactéries étaient déposées sur un support inerte et non poreux comme une surface de verre, il y avait croissance bactérienne. Après 24 h de contact à 25 °C les populations bactériennes s’élevaient à 109 cellules pour Escherichia coli et 10 millions de cellules de Bacillus cereus.

Sous nos conditions expérimentales, le bois manifeste des propriétés qui s’opposent à la croissance bactérienne et les cellules bactériennes n’ont plus d’activité métabolique.

 Ces résultats indiquent que la possibilité de contamination croisée des aliments au contact des cageots de bois de peuplier qui auraient été préalablement contaminés est faible sous nos conditions expérimentales.

 F-2) Article de Revol-Junelles – éléments de discussion

 Les résultats indiquent que les activités métaboliques de bactéries Escherichia coli ou thermorésistantes comme Bacillus cereus sont fortement  réduits après un contact avec le bois de peuplier. Les bactéries adhérant à la surface du bois et les bactéries retenues par le bois n’ont plus été biologiquement actives. Dans les mêmes conditions de stockage à 25 °C, quand des cellules bactériennes ont été déposées sur des surfaces en verre aucune dessiccation n’a été observée et les cellules étaient capables de croissance même après 145 h de contact.

Ces résultats pourraient être similaires à ce qui se passe sur des surface en plastique, sur lesquelles la persistance et la multiplication des bactéries dépendent de l’humidité.

 La survie bactérienne dépend de différents facteurs tels que l’espèce d’arbre, l’humidité et la topographie microscopique du bois, les caractéristiques des souches bactériennes inoculées et l’importance de l’inoculum.

 Les effets anti-bactériens observés sur du matériau ligneux peuvent être dus aux propriétés hygroscopique du bois , à des intrants du bois, ou aux deux. La récupération de faibles populations bactériennes pourrait aussi être due à la dessiccation des cellules bactériennes sur la surface, mais le taux de mortalité dépend de la température et de l’humidité relative.

 Les mesures d’impédance ont indiqué que les bactéries piégées dans le bois n’étaient plus active métaboliquement. De ce fait les bactéries ne peuvent migrer depuis les cageots vers l’aliment lors de leur contact. Dans ces conditions, les cageots ne sont pas des vecteurs potentiels d’une contamination croisée. La diminution du nombre des bactéries sur le bois était très dépendante du taux d’humidité et de la capacité d’absorption du matériau. Cependant, les cageots en bois de peuplier, qui avaient été stockés dans de bonnes conditions présentaient un taux d’humidité très bas.

 Recommandation du plastique par le « bon sens ».

 La microbiologiste Priscilla Levine de l’USDA  Food Safety and Inspection Service dit qu’aucune étude scientifique n’a démontré les avantages d’une planche à découper en plastique sur un autre matériau au sujet de la disparition de la contamination bactérienne. Elle a annoncé dans SCIENCE NEWS que son Agence basait ses recommandations sur « le bon sens » !

Le scientifique O. Peter Snyder, à Saint Paul Minnesota, dit que : » Comme l’Etat, les inspecteurs vétérinaires locaux ont « acheté le mythe » du plastique plus sur que le bois, sans en apporter la preuve.

 Consumer Advice – Product Care and Hygiene (www.tg-woodware.com)

 Les supports en bois sont très hygiéniques  car il a été prouvé par des Université américaines que les surfaces en bois sont capables de s’auto-décontaminer sans l’aide de produits ou solutions dures de nettoyage.

 Il n’est pas encore bien déterminé comment le mécanisme de défense du bois fonctionne, mais les bactéries sont « sucées » dans la surface poreuse et « apparemment étranglées » par les produits chimiques anti-microbiens avec lesquels les arbres se protègent.

 PS : Ce résumé est la compilation de ce que l’on peut trouver sur internet. Si des éléments ont été oubliés, ou si des erreurs se sont glissées, nous vous remercions d’avance de nous les communiquer.

  -   Le 20 avril 2005. synthèse des recherches sur internet