Conseil National du Peuplier

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Compte rendu réunion DGFAR/CNP
du 11 avril 2006.

 

Présents: Delphine Mary et Pierre Bouillon (DGFAR) - Philippe de Boissieu, Michel Chevrolier et Régis Rolland (CNP).

M. de Boissieu a fait une rapide présentation:

du CNP et de la composition du bureau national.

de la populiculture française: 220.000 ha de peupliers en France pour une production de bois de 2,5 à 3 millions de m3 par an il y a quelques années en nette régression en 2003 à 1,5 millions de m3.

de la forte récession que connaît ce secteur d'activité (après tempête 1999), diminution des aides de l'État: exonération trentenaire ramenée à 10 ans, diminution des aides de l'État à l'élagage pourtant indispensable pour la production de bois de qualité pour le déroulage, contraintes de zones Natura 2000 dans la peupleraie française, cultivars actuels pas forcément adaptés aux régions de culture, augmentation de la zone d'attaque du puceron lanigère vers le Nord de la France et ses conséquences sur le I 214.

Face à ces difficultés, M. de Boissieu propose:

de simplifier les réglementations locales, écologiques.

plus de souplesse dans les textes, par exemple dans le domaine de la prévention des risques d'inondation.

 de continuer à soutenir la recherche vers de nouveaux cultivars (italiens, belges, français et hollandais...)

d'augmenter la sensibilisation à la consommation de bois de peuplier en déroulage, caisserie, ... (solution avec France Bois Forêt ?).

Il y a une crise du marché des produits fabriqués en bois de peuplier, alors que leurs produits concurrents viennent pourtant du pétrole (exemple des emballages plastiques).

M. Chevrollier, par ailleurs Président du SIEL (Syndicat des Emballages Légers) souligne pour sa part les graves difficultés que connaît sa profession. Les emballages bois, pourtant très esthétiques, sont sauvagement concurrencés par les emballages plastiques pliables, lavables et réutilisables. L'emballage peuplier n'est plus référencé dans la grande distribution.

Les industriels de l'emballage bois voudraient se diriger vers la récupération de leurs emballages afin de les rendre plus séduisant à la consommation, car l'élimination s'il n'y a pas réutilisation a un coût non négligeable. Mais il faut mettre en place des filières intéressées (Emmaus, CNEI, SOS). Une aide pour promouvoir ces démarches serait intéressante. La DGFAR conseille de se tourner vers France Bois Forêt qui a des budgets possibles pour la promotion.

Le broyat des cagettes et emballages en bois pourrait alimenter en partie des chaufferies et contribuer à la sécurité de certains contrats d'approvisionnement de chaudières.

Régis Roland, Président des Reboiseurs de l'UNEP, développe quant à lui les idées essentielles qui peuvent aider au développement des reboisements en peupliers.

1) Reprise du boisement des terres agricoles en appuyant dans les discussions de la PAC européenne sur l'idée que la culture du bois, et celle du peuplier en particulier, peut être considérée comme une culture industrielle et énergétique au même titre que le Colza Diester et les betteraves Ethanol. L'agriculteur reboiseur pourrait ainsi satisfaire aux conditions de gel et de mise en jachère en reboisant des terres agricoles (notion de référence éligible aux DPU et de financement 50% Feeder, 50% collectivités).

2) Les boisements en peupliers de certains sols pourraient être considérés comme des cultures de taillis à courte rotation (toute espèce ligneuse dont la récolte est < à 20 ans) et de ce fait prétendre à certains financements.

La DGFAR rappelle ici que le financement est de l'ordre de 45 Euros/ha + le DPU.

Le régime des cultures énergétiques peut être aidé s'il y a un contrat d'approvisionnement avec un acheteur.

Mais entre 2005 et 2012, la surface totale de ce type de boisement entre dans les quotas de surfaces agricoles à se partager !

M. Rolland rappelle que le boisement de terres agricoles permettrait d'atteindre 4 objectifs:

contribution d'un stock de bois d'oeuvre

augmentation de la masse bois-énergie

stockage du CO2

maintien de l'emploi en zone rurale, car toutes les entreprises travaillant pour la filière bois de peuplier sont installées pour la plupart en zone rurale.

La DGFAR a rappelé qu'il était important plus que jamais que les instances forestières, et donc populicoles, soient très présentes et représentées dans les instances départementales régionales et préfectorales (région, département, Ademe, Préfecture, ...).

Le CNP a demandé à la DGFAR de pouvoir se rencontrer pour faire le point de la profession une fois par an.

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