COMMISSION NATIONALE DU PEUPLIER

Réunion du 7 décembre 1999 - Compte Rendu

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Liste des participants:

Membres excusés: M. le Chef du Département Recherche Forestière de l'Inra - M. le Responsable du Programme Filière Bois ADEME - M. Vignaud (FNSPF) - Mathé (Fédérations des Industries Lourdes du Bois) - Hubert (expert) - Ridé (expert) - Soulères (expert) et Terrasson (expert).

Membres présents : Mme Mevel (DERF) - MM. Armand (FVFE) - Barbotin (CRPF Pays de la Loire) - Barthod (DERF) - Bolliet (ONF Chautagne) - De Boissieu (FNSPF) - Ginisty (Cemagref) - Mirault (DERF) - Monchaux (Afocel) - Mourlan (SNIELB) - Paillassa (IDF) - Pinon (Inra) - Séquer (Pépiniériste) - Taris (GIPA) - Villar (Inra).

Invités : Bernard (FRCF Midi-Pyrénées) - Breton (Cemagref) - Clausse (CRPF NPC-Picardie) - Héois (Cemagref) - Genthialon (Pépiniériste) - Landmann (DSF) - Mallard (SFRB Pays de la Loire) - Rabuel (Chambre Syndicale des Exploitants, Scieurs et Utilisateurs de peuplier).

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La Commission Nationale du Peuplier s'est réunie, sur convocation du Directeur de l'Espace Rural et de la Forêt, le 7 décembre 1999 dans les locaux de l'ENGREF, 19 avenue du Maine, Paris.

C. BARTHOD ouvre la séance à 09h30, en rappelant que depuis la dernière réunion plénière de janvier 1997, plusieurs actions significatives ont été menées:

            La réalisation de la circulaire "populiculture et environnement" sortie le 11 septembre 1998?

            La modification de la liste des clones éligibles aux aides de l'Etat (circulaire du 28 mai 1997).

L'objet de cette réunion est de faire le bilan de ces deux dernières années, de poser les problèmes liés à la culture du peuplier et à sa filière et de recueillir l'avis de la Commission sur un certain nombre de points d'actualité.

1 - Approbation du compte rendu de la réunion du 22 janvier 1997

        Le compte rendu est approuvé sans modifications de fond à l'unanimité des présents.

2 - Révision de la liste régionalisée

        2.1 - G. Landmann introduit ce point en faisant l'inventaire des principaux problèmes sanitaires du peuplier en France:

                - Marssonina brunea : Les dernières attaques sévères datent des années 70 et étaient localisées dans le sud-ouest de la France. Ce parasite demeure un problème latent car les plantations existantes de clones sensibles, I-214 notamment, sont nombreuses.

                - Le chancre bactérien : Ce parasite est localisé dans les régions du nord de la France. Depuis de nombreuses années, des clones résistants sont utilisés. Cependant des foyers chancreux subsistent toujours et justifient une certaine prudence vis-à-vis de l'utilisation de clones sensibles dans cette zone. Une étude, en cours, menée par le CRPF Nord-Pas-de-Calais-Picardie, a pour objet la détection et la localisation de foyers de chancre, ainsi que la recherche d'éventuelles infections dans des plantations de clones sensibles. F. Clause prévoit de détailler cette étude dans le courant de la 2ème partie de la réunion (voir point 7-3).

                - Les dépérissements en Vallée de la Garonne, pendant les périodes 1976-80 et 1990-93 : Des plantations en zones de gravières ont constitué des cas typiques. Les mortalités, qui ont affecté l'ensemble des clones cultivés, semblaient être consécutives à des abaissements du niveau de la nappe alluviale pendant des périodes de sécheresse.

                - Les dépérissements "complexes" de Luisa Avanzo : Les régions les plus touchées sont l'Aquitaine, Poitou-Charente et Midi-Pyrénnées. Plusieurs explications ont été avancées: variation rapide de la nappe alluviale, attaques de rouille, accident climatique et généralement l'association de plusieurs de ces facteurs.

                - Le puceron lanigère :Des attaques sérieuses sont signalées dans les régions du sud-ouest (1995-1999) avec, dans certains cas, des dépérissements. C'est un parasite, considéré comme sérieux en Italie, qu'il convient de prendre en compte dans la réflexion sur le choix des clones.

                - Les rouilles : Depuis plusieurs années, de fortes attaques de Melampsora larici populina (M.L.P.) race E4 sont observées principalement dans la moitié nord de la France. La résistance de clones largement utilisés, tel que Beaupré notamment, a été contournée. Actuellement, aucun clone du catalogue national n'est immun à M.L.P..

                Cette situation met en évidence les dangers d'une culture pauciclonale; la diversification des plantations s'avère essentielle et doit ètre encouragée.

                Jean Pinon souligne l'intérêt des travaux du DSF et rappelle que les problèmes actuels liés à la rouille ne doivent pas occulter les autres parasites en particulier Marssonina brunea. Du fait de la forte sensibilité de la plupart des clones interaméricains envers les races E4, les nouvelles plantations feront probablement une place plus importante aux clones euraméricains. Cette évolution pourrait se traduire d'ici 5 à 10 ans par une recrudescence des attaques de Marssonina brunea si le climat lui est favorable. Jean Pinon apporte des précisions supplémentaires sur les rouilles. Actuellement, les races E4 de M.L.P. sont présentes presque partout en France. Les races E5, infectant les clones Hoogvorst et Hazendans, touchent désormais de nombreux départements du nord de la Franc 'Pas de Calais, Marne, ...). Pour Jean Pinon, il faut éviter une utilisation excessive du clone Raspalje même si, par son niveau de tolérance à M.L.P. E4, il peut être considéré comme une alternative intéressante à l'utilisation de Beaupré. La forte pression actuelle de E4 n'est sans doute que temporaire et une extension de la race E1 infectant plus Raspalje n'est pas à exclure à l'avenir.

                Au sujet de la rapidité d'extension des rouilles, B. Taris s'interroge sur les liens entre mélèzes et peupliers et sur la survie des spores sur les feuilles pendant la période hivernale.

                D'après J. Pinon, l'hibernation des spores sur les feuilles ne parait pas envisageable et le passage sur le mélèze, hôte alternant, est essentiel. L'INRA de Nancy a récemment mené une enquête sur la proximité entre des plantations de mélèzes et les peupliers infectés. Cette étude a montré que l'alternance du parasite est possible jusqu'à une distance d'au moins 1,5 à 2 km entre les deux plantations.

                G. Lanmann souligne qu'il est important de pouvoir apprécier les pertes de croissance liées aux attaques de rouilles, l'incidence en terme de mortalité et les critères pouvant identifier des stations à risque; cependant ces critères sont difficiles à établir avec précisions.

                Pour Jean Pinon, outre la proximité de l'hôte alternant, une plantation jeune (3-4 ans), non encore élaguée et située dans une vallée encaissée caractérise une situation à risque maximale.

                Après cette introduction, C. Barthod propose d'examiner les propositions de modification de la liste nationale des clones "subventionnables", faite par le groupe de travail de la Commission (Afocel, Cemagref, DSF, IDF, Inra) qui s'est réuni le 26 novembre 1999.

        2.2 - C. Ginisty, rapporteur du groupe de travail, rappelle les objectifs de cette réunion: envisager le retrait des clones placés sous surveillance sanitaire en 1997, examiner l'introduction de nouveaux clones, établir une nouvelle liste régionalisée des clones subventionnables. Il présente ensuite les propositions de modifications (cf. compte-rendu du groupe de travail distribué en séance).

                Les principales modifications proposées portent sur:

                    - Le retrait des clones Beaupré, Donk, et Luisa Avanzo;

                    - L'introduction du clone Koster;

                    - L'extension à une ou plusieurs régions des clones Dorskamp, Flevo, Ghoy, I 45-51, Triplo et Raspalje.

                    Par ailleurs, il est proposé de maintenir sous surveillance le clone Boelare à titre provisoire sur une nouvelle période de deux ans.

                    L'inscription des clones Dvina, Lena, San Martino et Gaver n'est pas envisagée dans l'immédiat mais leur utilisation pourrait être encouragée par dérogation dès la prochaine campagne de plantation. Leur introduction dans la liste sera discutée courant 2001.

                    Les clones Hoogvorst et Hazendans, nouvellement homologués en Belgique, ne sont pas retenus du fait d'une trop forte sensibilité à M.L.P. E5.

                    A l'examen de la liste des clones proposés, la Commission porte un avis favorable.

                    Des commentaires et des nouveaux éléments sont apportés:

                    Pour P. de Boissieu, il est nécessaire de bien dissocier expérimentation et vulgarisation; ce qui n'est pas toujours facile lorsque les nouveaux clones arrivent sur le marché.

                    D. Genthialon estime que l'introduction du clone Koster est justifiée par ses performances agronomiques mais il s'inquiète d'un risque d'effet de mode et d'utilisation excessive.

                    Jean Pinon souligne la nécessité de diversification des plantations face à l'évolution des attaques de M. larici-populina. L'utilisation du clone Koster, qui présente l'avantage d'être tolérant à la rouille, doit être encouragée en évitant bien évidemment les excès. En revanche, le comportement des clones Hoogvorst et Hazendans vis-à-vis de la rouille n'est pas satisfaisant; les dangers des résistances totales, notamment pour ces deux clones, ont fait l'objet dans le passé de messages de prudence par les pathologistes.

                    En réponse à M. Séquer, interrogatif quant aux effets des changements brutaux de la liste des clones utilisables sur le marché des plants, C. Barthod rappelle les méthodes de transition déjà utilisées par la Commission: mesures de surveillance et messages de prudence pour les clones à retirer, encouragement par dérogation pour les nouveaux clones avant inscription définitive. A ce sujet, il souhaite savoir si le message concernant les clones mis sous surveillance en 1997 est passé auprès des pépiniéristes et si le retrait des clones Beaupré, Donk et Luisa Avanzo peut être envisagé immédiatement.

                    D. Genthialon est affirmatif estimant que le message doit maintenant ètre clair et qu'il faut marquer un coup d'arrêt à l'utilisation de ces clones. Il ajoute que la mauvaise publicité consécutive aux nombreuses attaques de rouille sur Beaupré a déjà engendré une forte baisse des demandes pour ce clone.

                    B. Taris souhaite savoir s'il s'agit bien uniquement d'un retrait des subventions et non d'une interdiction totale de leur utilisation. C. Barthod précise que ces clones pourront effectivement être utilisés hors subvention. Il souligne que ce problème ne se situe pas au niveau réglementaire mais au niveau de la cohérence de la politique de l'État en matière de subvention.

                    C. Barthod propose ensuite à la Commission de reporter à la deuxième partie de la réunion l'examen par région de la liste des clones.

3 - La réforme des aides à l'investissement forestier

                    J. Mirault rappelle au préalable le "message fort" que présente la liste nationale des clones de peuplier éligibles et précise que, sur ce point, le peuplier dérogera au principe de "régionalisation maximum" prévu dans la réforme des aides au boisement-reboisement.

                    Cette réforme a fait l'objet d'un projet de circulaire qui a été diffusée notamment auprès des membres de la Commission.

                    J. Mirault développe quatre principaux points de cette réforme:

                    1) la nécessaire prise en compte des aspects environnementaux, cadrée pour le peuplier, par la circulaire DNP/DERF du 11 septembre 1998. J. Mirault rappelle en outre la condition nécessaire "d'amélioration significative" de la ressource ligneuse et donc du principe de non-financement des reconstitutions à l'identique;

                    2) la présentation du principe de simplification des aides qui deviendront forfaitaires sur la base d'un barème régional;

                    3) le principe de responsabilisation du propriétaire;

                    4) le seuil de surface minimale (1 ha pour le peuplier).

                    J. Mirault sollicite ensuite l'avis de la Commission sur la question d'un seuil maximal de surface pour un même clone, qui pourrait ètre imposé afin de favoriser la diversification clonale. Le seuil de 4 hectares pour un même clone est alors proposé.

                    Sur ce point, un débat s'engage et différents arguments favorables et défavorables sont apportés:

                    Plusieurs membres s'accordent sur le fait que ce seuil peut apporter un message clair de diversification. Il peut inciter les pépiniéristes à produire un plus grand nombre de clones. Il est par ailleurs rappelé que ce seuil est conseillé dans le cadre de la circulaire "Peuplier et Environnement" de septembre 1998.

                    En revanche, ce projet de seuil est considéré comme trop restrictif par d'autres membres. La division des parcelles en plusieurs clones peut avoir un effet négatif sur la vente des bois dans la mesure ou il peut être difficile dans certains cas d'obtenir des lots conséquents. Le choix des clones finançables n'est pas toujours suffisant lorsqu'il s'agit de boiser une parcelle homogène. Par ailleurs, ce seuil ne résout pas le problème de la diversification à l'échelle des vallées et des régions populicoles. Plutôt que de l'imposer, il est proposé que ce seuil soit conseillé et étudié cas par cas.

                    Par ailleurs, chacun s'accorde sur l'intérêt de pouvoir disposer d'indicateurs, à un niveau régional, sur les surfaces et les clones utilisés, afin d'envisager des mesures de restriction en cas d'utilisation excessive avérée.

                    C. Barthod conclut le débat, reconnaissant qu'il n'y a pas consensus sur cette question, et propose qu'elle soit étudiée dans le cadre des commissions régionales. Les instructions nationales signaleront cette question des seuils de surface, voire des possibilités de modulation d'aide par clone.

4 - Présentation du GIS Peuplier (Marc Villar)

                    Marc Villar expose les objectifs et les activités du futur GIS (Groupement d'Intérêt Scientifique) Peuplier en précisant que cette structure regroupe différentes équipes de l'Afocel, du Cemagref et de l'Inra et que ses statuts sont en cours de signature.

                    Les principaux points de cet exposé sont résumés ci-après:

                    - Nom du GIS : "Génétique, Amélioration, Protection du Peuplier".

                    - Objectifs scientifiques:

                        * définir la stratégie d'amélioration et de sélection la plus appropriée;

                        * approfondir la méthodologie de sélection des variétés françaises et étrangères;

                        * étudier la variabilité du pouvoir pathogène des parasites et caractériser leur population;

                        * tester les géniteurs et leurs descendants, évaluer les nouveaux cultivars en test de terrain multisites (pépinière, laboratoire);

                        * proposer des cultivars à l'homologation;

                        * transférer à la filière les descriptifs des cultivars testés.

                    - Comité exécutif: deux représentants par membre fondateur, un président élu pour deux ans;

                      Comité d'orientation: sous-ensemble de la CNP.

                    - Les actions en cours:

                        * construction d'une base de données commune aux trois organismes;

                        * mise au point de nouveaux tests clonaux envers les rouilles.

                    - Les projets à court terme:

                        * compléments à l'étude du comportement des nouveaux clones vis-à-vis de la rouille;

                        * recherche et utilisation de marqueurs moléculaires comme aide à la sélection.

                    - Quelques difficultés: le financement des populetums et les possibilités d'augmenter le potentiel de croisements contrôlés.

                    C. Barthod remercie l'Inra, l'Afocel et le Cemagref d'avoir accepté d'associer leurs compétences et souhaite longue vie à cette nouvelle structure.

                    B. Taris demande si la qualité du bois est prise en compte dans les schémas d'évaluation et d'amélioration. M. Villar fait alors état des travaux réalisés sur ce sujet par l'Inra et l'Afocel, travaux qui seront repris dans le cadre des activités du GIS et qui sont déjà intégrés dans les projets à court terme.

                    E. Paillassa questionne les membres du GIS sur son rôle dans l'homologation des clones et considère qu'il faudra que le GIS établisse des ponts avec le développement forestier et la vulgarisation. C. Barthod, M. Villar et J. Pinon apportent sur ces points des assurances, rappelant l'intérêt scientifique mais aussi technique du GIS, ses objectifs à un niveau "national" mais aussi "international" et les enjeux, y compris sur des questions économiques.

        5 - Marché du bois et concurrence des matières plastiques

                C. Barthod rappelle les problèmes d'image que subit le peuplier actuellement en insistant  sur les diverses attaques dont il fait l'objet, en particulier au niveau de son utilisation dans l'emballage alimentaire.

                M. Mourlan (Syndicat National des Industries de l'Emballage Léger en Bois) présente la situation actuelle en précisant que l'emballage léger est la 1ère utilisation du peuplier. Pourtant son image s'est progressivement dégradée.

                    Face à ce contexte, il estime que la filière se doit de réagir en insistant notamment:

                    - sur la qualité irréprochable du bois de peuplier au niveau alimentaire;

                    - au niveau des consommateurs, sur la qualité du bois en général comme "éco-matériaux". Il faut souligner qu'un bilan de cycle de vie de la cagette en bois a été réalisé; il montre que l'impact environnemental lié à sa fabrication est très faible.

                    - sur la recherche de nouveaux marchés dans l'emballage léger (autres fruits et légumes, ostréiculture,...).

                    Il est essentiel de corriger l'image négative du peuplier et d'organiser une communication par l'ensemble de la filière (et pas uniquement par les industriels de l'emballage) notamment pour contrer le lobbying de certains grands groupes de la distribution qui veulent imposer l'emballage plastique.

                C. Mevel apporte des informations sur les démarches engagées par la Sous-direction des Industries du Bois de la DERF:

                    - la commande d'une étude sur les contacts "bois et aliments";

                    - l'intervention avec le SIEL auprès du Ministère des Petites et Moyennes Entreprises.

                    Seules la filière bois et la DERF se sont préoccupées de cette situation, une meilleure coordination entre les services du MAP s'avère donc nécessaire.

                    C. Barthod précise que le Ministre Jean Glavany est très attentif aux questions forestières et que celui-ci est bien conscient des besoins de coordination qui se posent également entre les Ministères.

                Par ailleurs, C. Barthod souhaite que la 3ème section de la CNP ("industries du bois") soit réactivée et demande au secrétariat de la CNP de réunir dès que possible un groupe d'étude de la Commission pour mener une réflexion prospective du peuplier et de son marché.

                Au sujet de l'image négative du peuplier, Jean Rabuel estime que l'utilisation du mot "clone" est néfaste et doit être évitée. Il ajoute que, suite aux diverses attaques dont la culture du peuplier a fait l'objet, les surfaces plantées sont en réduction et la production en bois n'est plus suffisante pour satisfaire les besoins des industries. Une communication à l'intention des élus (maires, élus régionaux) s'avère nécessaire pour rectifier cette situation. Sur ce point, C. Barthod demande à ce qu'un effort de communication soit réalisé à l'initiative du Cemagref. L'idée d'une plaquette d'information faisant ressortir les fausses images du peuplier et de sa culture, est avancée.

                M. de Boissieu apporte ses remerciements au groupe de travail de la CNP pour l'excellent travail ayant abouti à la circulaire "Peuplier et Environnement".

        6 - Questions diverses

                - Représentation de la France à la 21ème session de la Commission Internationale du Peuplier:

                C. Barthod demande au GIS Peuplier de choisir le représentant de la France à la CIP. Il rappelle en outre le rôle de cette Commission et celui du représentant national. Le GIS fera sa proposition en début d'année 2000.

                - G. Armand fait état des débats en Alsace et Franche-Comté sur la place du peuplier; ces discussions ont lieu dans le cadre des groupes régionaux sur la mise en oeuvre de la réforme des aides de l'État.

                - C. Barthod termine la première partie de la réunion en évoquant le renouvellement de la CNP en mars 2000. Des candidats seront à proposer pour remplacer les membres démissionnaires. Il souhaite que l'on puisse à cette occasion tirer les enseignements de la mandature passée.

        7 - 2ème partie de la réunion (après-midi)

            7.1 - Évolution de la liste régionalisée

            La Commission examine par région les propositions d'évolution de la liste faites par le groupe de travail (tableaux en annexe) et qui portent principalement sur les points suivants:

            - introduction du clone Koster dans la plupart des régions sauf en régions méditerranéennes;

            - extension à une ou plusieurs régions des clones Alcinde (1), Dorskamp (1), Flevo (2), Ghoy (6), I-45-51 (1), Triplo (9), Raspalje (6)

            - aucune modification pour les clones Blanc du Poitou, I-214, Robusta, Boelare, Unal et Trichobel.

            Jean Pinon rappelle que le clone Boelare ne doit ètre maintenu qu'à titre provisoire. Il insiste sur le message de prudence qui doit être associé à son maintien dans la liste.

            Une discussion s'engage sur l'intérêt de garder le clone Robusta, finançable uniquement pour des plantations d'alignement. B. Taris remarque que ce type de plantation parait difficilement réalisable si la réforme des aides impose un seuil minimal d'un hectare. J. Mirault précise que les plantations d'alignement ne font pas l'objet des mêmes conditions d'attribution que les plantations en plein.

            La Commission décide d'accepter les propositions du groupe de travail sans modification.

        7.2 - Diffusion des clones protégés (M. Genthialon)

        D. Genthialon rappelle, en préambule, l'historique de la diffusion en France des clones soumis à protection commerciale. Il souligne, pour exemple, la situation actuelle du clone Koster, commercialisé en France par un seul diffuseur. Actuellement, seuls quelques pépiniéristes ont la possibilité de produire ce clone. Par ailleurs, le prix des plants de Koster est très élevé par rapport aux clones non protégés. Il estime que cette situation ne peut que freiner le développement des nouveaux clones, qui bénéficient tous de protection commerciale.

        D. Genthialon informe la Commission des démarches menées avec Agri-Obtentions (filiale de l'Inra), la DERF et la pépinière de Guéméné-Penfao. Un accord a été conclu pour permettre à l'avenir la diffusion en France des clones protégés commercialement par le biais d'Agri-Obtentions qui assurera le lien avec les obtenteurs étrangers et le contrôle de la production chez les pépiniéristes. Dans les prochaines années, pour les clones protégés et admis à la diffusion en France par Agri-Obtentions, il est prévu que la production des boutures sera assurée par la pépinière expérimentale de Guéméné-Penfao.

        J. Mirault précise que l'intervention de la pépinière de Guéméné-Penfao se fera seulement en "production relais" pour Agri-Obtentions. Il est admis que son application dans ce schéma ne sera que temporaire.

        E. Paillassa estime qu'une démarche auprès de la SAF en Italie pourrait être entreprise pour les clones Dvina et Lena qui n'ont pas de diffuseur en France actuellement. Il en est de même pour d'autres clones en cours d'homologation en Italie.

        C. Mevel souligne que seuls les clones inscrits dans la liste régionalisée devraient être concernés. L'avis de la CNP pour certains clones sera au besoin sollicité.

        7.3 - Enquète chancre bactérien (M. Clausse - CRPF Amiens)

        F. Clausse présente les objectifs de l'étude actuellement menée par le CRPF en collaboration avec l'Inra et le DSF:

        - recherche des foyers chancreux existant actuellement en régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie;

        - détection in situ des infections sur les clones sensibles: Dorskamp et Blanc du Poitou;

        - récolte de souches et étude des virulences de la bactérie.

        La première phase de l'étude, actuellement terminée, a montré que le pathogène subsistait toujours. Les zones de présence (370 foyers dans les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie) ont été cartographiées.

        La recherche des infections sur les clones Dorskamp et Blanc du Poitou est en cours. Dans l'immédiat, aucune contamination n'a été relevée (sur 30 des 80 plantations qui doivent être étudiées).

        La possibilité d'éradication des foyers chancreux selon une réglementation datant de 1957 est évoquée mais reste peu envisageable étant donné les conditions d'accès souvent difficile et la multitude des propriétaires concernés.

        7.4 - Questions diverses

        - J. Mirault sollicite l'avis de la Commission sur l'intérêt des traitements chimiques pour lutter contre la rouille. G. Landmann précise que le traitement ne peut être efficace que s'il est répété et utilisé de façon préventive. Par ailleurs sa mise en oeuvre est délicate et le seul produit utilisé est cher. Chacun s'accorde sur le fait que les traitements phytosanitaires en forêt apportent une mauvaise image vis-à-vis de l'opinion publique et qu'il serait dangereux d'encourager cette méthode.

        J. Mirault précise que l'État n'envisage pas de soutenir les traitements contre la rouille. En revanche, des aides pourront être attribuées pour la reconstitution des plantations dégradées suite à des problèmes sanitaires.

        Cette question est suivie par un débat sur l'évaluation des pertes de production; les chiffres annoncés par F. Clausse font état de pertes de l'ordre de 2 à 3 cm/an sur la circonférence, représentant selon les années (97 ou 98) et l'âge des plantations (moins de 10 ans, plus de 10 ans) entre le tiers et la moitié de la croissance potentielle.

        P. de Boissieu annonce que l'IDF organisera pour l'année 2000 une réunion nationale sur les problèmes liés aux attaques de rouilles.

        J. Mirault remercie les membres de la Commission et clôt la réunion à 16h30 en proposant que la prochaine réunion plénière de la CNP ait lieu en fin d'année 2000, dans sa nouvelle composition.

Les secrétaires de séance,

Vincent BRETON    -  Christian GINISTY

Cemagref, Nogent-sur-Vernisson, le 24 février 2000.

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