(certains anciens compte-rendus peuvent intéresser les initiés. Ceci permet de connaître ce qui a été fait dans le passé pour en arriver à la situation actuelle).
COMMISSION NATIONALE DU PEUPLIER

Réunion du 13 Juin 1953
Visite du Populetum de vineuil
(J. Pourtet et P. Turpin)
Depuis près de 50 ans on cultive des peupliers en France et l'importance économique de cette culture ne cesse de s'accroître. Jusqu'à une date fort récente un empirisme intelligent a seul présidé aux choix des types et des techniques, mais a donné des résultats qui font honneur aux pépiniéristes et aux propriétaires qui les ont obtenus.
En 1905, un dendrologue, L. A. DODE, a publié une étude sur la détermination et la culture de tous les types de peupliers qu'il avait pu réunir. Son oeuvre remarquable est encore fort utile quoiqu'il ait multiplié les noms d'espèces en les attribuant bien souvent à de simples clones et se soit peu intéressé au point de vue pratique.
Après la 1ère guerre mondiale, M. REGNIER, puis à partir de 1939, M. GUINIER, accompagnés bientôt de M. MEUNIER, ont entrepris une étude systématique des peupliers et de la populiculture qui a abouti à la création de la Commission Nationale du Peuplier et préparé son activité. Ces enquêtes ont permis de constater que seuls une dizaine de types de Peupliers cultivés ont une importance économique dans notre pays.
Cependant, si pour certains de ces types, ayant des particularités écologiques marquées, les conditions d'emploi sont assez bien connues, pour la plupart le choix en fonction du terrain et de la région est uniquement guidé par le hasard ou tout au plus par l'empirisme.
D'autre part, dans divers pays voisins du notre, des types de peupliers présentant d'intéressantes qualités sont cultivés et méritent d'être essayés comparativement aux nôtres.
Seule une expérimentation systématique, organisée et suivis par un organisme unique, peut permettre de déterminer les types qui doivent être rationnellement cultivés dans chaque région naturelle, compte-rendu du sol, du climat, de l'économie rurale et des débouchés commerciaux.
La Commission Nationale a confié, en Décembre 1948, cette expérimentation à la Station de Recherche et Expériences Forestières.
L'essentiel de cette expérimentation sera réalisée dans les "Populetums régionaux" installés dans chaque grande région naturelle ou la culture du peuplier a, ou mérite d'avoir, une certaine importance. Ils sont en principe constitués sous forme d'"arboretums forestiers", c'est-à-dire de plantations en massifs ou en lignes comprenant 30 à 100 sujets de chaque types généralement plantés à 7 m x 7 m, mais avec des variantes tenant compte des particularités locales. Dans chaque cas, on expérimente environ une dizaine de types dont l'intérêt économique régional est certain. Certains clones, particulièrement plastiques, sont mis en place dans toutes les régions pour servir de base de comparaison.
La position centrale du Populetum de Vineuil, sa proximité de Paris, son accès facile, son étendue, l'ont fait choisir pour comporter, à côté du "Populetum régional" du Val de Loire, un Populetum de collection, une pépinière et des places d'expérience.
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La situation actuelle (1953) du Populetum
Au total, plus de 2.500 plants y sont en place, occupant une surface de 12,50 hectares environ.
Ce résultat n'a pas été obtenu aisément et les effets de la sécheresse de 1949-1950 aggravés par des défauts de mis au point de la technique de plantation et surtout des travaux d'entretien ont causé des mortalités allant de 3% à 50% suivant les clones. Les pertes les plus fortes ont été observées sur P. euramericana cv. "Sérotina du Poitou", clone exigeant en humidité et dont les plants étaient de très forte dimension pour une expédition à longue distance.
Ces dommages sont réparés et dans l'ensemble les plants bien installés démarrent. L'an dernier, pour la première fois on a pu faire des mensurations portant sur l'accroissement au cours de l'année 1952 des plants mis en place depuis 3 saisons de végétation au moins, ce qui permettait de les considérer comme "installés".
Il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives de ces résultats susceptibles de se modifier au cours des années à venir, mais ils permettent dès maintenant les remarques suivantes:
1) Le Populetum est suffisamment homogène puisque les accroissements maxima, minima ou moyens sont également répartis sur toute la surface.
2) L'hybride du Professeur PICCAROLO, P. euramericana cv "I 214" confirme sa prééminence constatée en pépinière tandis que les différents types de P. euramericana cv "regenerata" ont un très lent développement. Ces deux tendances opposées ont probablement été accentuées par la température élevée de juillet 1952. Les autres types de peupliers couramment cultivés en France moyenne occupent une place très honorable.
3) L'influence très nette de la date de plantation. Les 3 clones qui viennent en tête dans l'arboretum forestier ont été installés un an plus tôt que les autres, quant aux deux placeaux de peupliers de Virginie, les plants étaient très petits lors de leur mise en place ce qui constitue un handicap sérieux difficile à rattraper.
4) Dans les places d'expériences, l'influence du travail du sol est aisée à constater. L'accroissement en circonférence sur les bandes labourées est supérieur suivant le clone et la dimension des plants de 30% à 100% à celui des lignes non travaillées.
A coté de ces observations quantitatives, des observations qualitatives sont faites régulièrement au moment de la feuillaison et complétées à la chute des feuilles. Elles ont déjà permis d'éliminer des sujets aberrants dans des fournitures de pureté végétale insuffisante, ou de rattacher à des cultivars bien connus des peupliers dénommés, localement, de noms de fantaisie. Afin de contrôler qu'il s'agit bien du même clone, les sujets de diverses origines sont conservés d'autant plus que de nouvelles introductions ayant un retard de 4 ans sur les premières seraient compromises par l'ombre latérale et la concurrence des racines.
Ainsi, il ne peut être question de faire de la place dans l'arboretum de collection, or, nous avons vu que 550 plants y sont installés, alors que la possibilité totale est de 850 plants en tenant compte de l'agrandissement récemment loué. Nous pouvons donc introduire environ 60 clones nouveaux... or, il existait en pépinière à la fin de l'hiver dernier, une centaine de clones à expérimenter et d'autres viennent d'être bouturés.
Il est donc indispensable d'étendre dans un délai assez court le populetum aux abords immédiats de la collection actuelle pour que les comparaisons restent possibles.
Quant à l'expérimentation de nouvelles techniques (places d'expériences) et de nouveaux types méritant l'épreuve de l'arboretum forestier, elle peut être faite ailleurs que dans le populetum: le Domaine de Chambord peut offrir les terrains nécessaires, des mesures de protection contre le grand gibier devront y être prévues.
LISTE DES PEUPLIERS CULTIVES PAR LA S.R.E.F. en 1953
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