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Biodiversité carabique des peupleraies Picardes

(Sylvie Augustin - Inra Orléans 2004)

carabe - carabidae

Les coléoptères carabidae appelés communément carabes, ont été utilisés dans de nombreuses études comme bio-indicateurs des milieux. Ce sont en général des insectes nocturnes, et le plus souvent prédateurs de petits invertébrés. Ils sont représentés par un grand nombre d'espèces dont on connait pour la plupart la biologie et l'habitat, et ils occupent les niches écologiques et les milieux les plus divers. Ils sont fortement influencés par les facteurs climatiques, édaphiques et biotiques, et sont de bons indicateurs de la biodiversité des milieux tant en milieu agricole qu'en milieu forestier. Ils ont, en particulier, été utilisés dans des études comparatives des peupleraies en Italie et en Allemagne.

Les peupleraies ont fréquemment été décrites comme des écosystèmes peu favorables pour la biodiversité animale et en particulier à l'entomofaune. Bien souvent qualifiée de culture homogène et monotone, et assimilée à un agrosystème, la gestion monoclonale et intensive des peupleraies peut sembler défavorable à la biodiversité.

En Picardie, la variabilité des peupleraies est importante en fonction de l'âge des peuplements (jeune/âgé), du milieu (plateau/vallée), et de l'intensification des pratiques culturales (présence ou absence de sous-étage). Les conditions de la populiculture dans cette région étant sensiblement différentes des populicultures italiennes et allemande, cette étude a été réalisée pour évaluer l'influence de la variabilité des peupleraies picardes sur les carables.

Influence des caractéristiques du milieu

L'utilisation des analyses multivariées nous a permis de montrer l'influence du milieu sur les carabes en 2002. Les populations semblent structurées en fonction de l'humidité du milieu (présence/absence de nappe), du degré d'ouverture du milieu (couvert arboré et ou arbustif fort ou faible) et dans une moindre mesure du niveau trophique (pH). Les mêmes caractéristiques ont pu être retrouvées en 2003 pour expliquer la présence des fifférents groupes de carabes et nous avons pu de plus remarquer l'opposition entre les terres agricoles et les bois feuillus, les peupleraies apparaissant intermédiaires entre ces deux formations.

L'étude réalisée sur la faune Carabidae des peupleraies Picardes a permis de répertorier un nombre important d'espèces dans les peupleraies au cours des 2 années d'études. Cette richesse importante montre que les peupleraies sont loin d'être des déserts entomologiques et confirment les résultats d'Allegro (1998) et Casale et al. (1993), obtenus en Italie, ainsi que ceux de Liesebach (2002) en Allemagne. Les résultats obtenus ici sont plutôt supérieurs, et traduisent la grande diversité des sites Picards.

La variété des situations rencontrées explique les différences de peuplement carabique, selon un gradient d'humidité et d'ouverture de milieu, puis dans une moindre mesure, du niveau trophique (pH). On retrouve dans les parcelles âgées, situées dans un contexte mésophile, un grand nombre d'espèces forestières classiques. Dans les milieux plus humides, les groupes apparaissent, structurés en fonction de l'ouverture du milieu. Dajoz, 2002, a également montré l'influence du pH et de certaines caractéristiques du sol sur la diversité carabique.

L'effet du type de formation végétale est clairement visible si on observe la grande similitude des relevés effectués dans les champs de céréales et, dans une moindre mesure, dans les bois feuillus. Malgré la dominance de certaines espèces, il semble que comparées aux formations agricoles, les peupleraies soient plus équilibrées. On retrouve dans les peupleraies à la fois des espèces forestières de milieu fermé, et des espèces de milieu ouvert abondantes dans les terres agricoles.

Bénéficiant souvent de sols riches et bien alimentés en eau, d'un couvert relativement faible et de pratiques culturales peu intensives, les peupleraies Picardes peuvent accueillir de nombreuses espèces carabiques, à la fois forestières et agricoles. Elles peuvent servir de réservoir d'espèces (refuge) dans les zones agricoles et constituer des sources de diversification dans les zones forestières (couvert léger).

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