L' HISTOIRE DES ALLUMETTES

Il semblerait que les premières allumettes aient vu le jour en Chine, vers 500. Le principe est donc fort ancien et les chinois fabriquaient déjà des allumettes avec du soufre… mais c’était en Chine !
En Europe, au Moyen Age, nous nous contentions « d’allumettes sèches », composées de tiges de roseaux soufrées mais elles brûlaient trop vite, ou ne s’allumaient pas du tout.
En fait, l’histoire de l’allumette, telle que nous la connaissons, ne date que du début du 19ème siècle et elle est le fait d’apprentis chimistes ou de véritables chimistes qui au fil de leurs expériences ont amélioré le principe découvert par les chinois :
A la fin du 17ème siècle, vers 1680, un chimiste anglais Robert Boyle met au point des tiges de bois qui, trempées dans du soufre fondu, s’enflamment au contact d’un corps brûlant ou d’une étincelle…Mais l’idée ne va pas plus loin puisqu’il faut avoir du feu pour faire du feu !
En 1806, un Français, Chancel, découvre qu’une tige de bois dont l’extrémité est enduite d’un produit chimique s'enflamme quand on la trempe dans de l'acide sulfurique, il s’agit des allumettes oxygénées.
En 1816, s’inspirant de la découverte de son compatriote, Desrone invente l’allumette au phosphore…
En 1817, un anglais, John Walker (pharmacien), invente l'allumette qui prend feu par frottement sur un morceau de papier émeri. Mais des progrès restent à faire car les vapeurs dégagées par l’embrasement de l’allumette sont dangereuses pour l’utilisateur.
En 1831, un autre français, Charles Sauria (médecin de campagne) reprend le principe de la tige en bois recouvert à une extrémité d'un composé chimique (phosphore blanc et potasse) qui s'enflamme par simple frottement. Cela deviendra les allumettes au phosphore, à friction. L’Histoire retient que parallèlement aux travaux de Sauria, l’Autrichien Stephen Von Roemer mène les mêmes recherches et aboutit au même concept de l’allumette phosphorique à friction.
A partir de 1832, ce principe des allumettes phosphoriques à friction est repris et donne naissance à la première fabrication industrielle sous l’impulsion d’un Allemand : Jakob Friedrich Kammerer et c’est un succès international.
Mais le phosphore blanc qui sert à la fabrication des allumettes s’avèrent trop facilement inflammable, donc dangereux pour l’utilisateur mais aussi extrêmement toxique : les ouvriers des très nombreuses fabriques d’allumettes sont victimes de nécroses osseuses, cette maladie leur ronge les tissus osseux de la mâchoire et du nez. Cette grande toxicité du phosphore blanc pour les ouvriers et l’inflammabilité dangereuse des allumettes conduisent les chimistes à poursuivre leurs recherches.
Il faudra attendre une vingtaine d’années avant que n’apparaisse un nouveau concept d’allumettes dites « suédoises ou de sécurité » sous l’impulsion de Gustaf Erik Pash, Edvard Lundström et Alexander Lagerman avec quelques étapes :
En 1844, Gustaf Erik Pash (ou le chimiste autrichien SCHROTTER selon les auteurs) fit breveter son allumette de sûreté : il remplace le phosphore blanc par du phosphore rouge, dit « amorphe » car moins nocif et plus stable.
En 1845, le Suédois Johan Edvard Lundström change complètement le concept : il place le phosphore non plus sur l’extrémité de l’allumette mais sur le frottoir qui sert ainsi de catalyseur. Avec son frère, Carl, il ouvre une fabrique d’allumette en Suède.
Enfin, en 1864, Alexander Lagerman met en œuvre une machine automatique pour la fabrication des allumettes, de leurs boites et elle permet même leur mise en boite, prêtes à la vente. Lagerman ouvre la voie à la véritable industrialisation.
Jusqu’en 1870, la fabrication des allumettes est assurée par des centaines de petites usines mais les charges financières au lendemain de la guerre franco-allemande poussent l’état français à instituer une série d’impôts dont une taxe sur les allumettes établie en 1871.
En 1872, il s’avère que les recettes dégagées de ces impôts ne sont pas à la hauteur des espérances du gouvernement, aussi le Parlement adopte le principe du Monopole de l’État sur la fabrication et la commercialisation des allumettes. C’est la SCAC (Société Générale des Allumettes Chimiques) qui se voit confier ce monopole contre le versement d’une partie de ses bénéfices.
Le 31 décembre 1889, le gouvernement décide par décret de faire exploiter le Monopole des Allumettes par l’Administration des Manufactures d’État, en liaison avec l’Administration des Contributions Indirectes.
Vers 1892, le Monopole agrémente les boîtes d’allumettes d’illustrations diverses, souvent liées à l’histoire de France. De nombreux artistes de l’époque représentèrent ainsi sur les boîtes des célébrités historiques comme Jeanne d’Arc, Mazarin, Racine ou George Sand.
En 1906, l'utilisation du phosphore rouge est rendue obligatoire par la convention de Berne.
Le 1er octobre 1935, le Monopole est transféré à la Caisse Autonome d’Amortissement, rejoignant le Monopole des tabacs et créant ainsi le S.E.I.T.A., (Service d’Exploitation Industrielle des Tabacs et Allumettes).
En 1980, la Seita devient une Société anonyme à capitaux d’État.
Au début des années 1990, le monopole des allumettes est levé.
En 1995, la SEITA est privatisée puis fusionne en 2000 avec la société espagnol des tabacs TABACALERA pour donner naissance à Altadis.
En janvier 2001, la fabrication des allumettes est séparée de celle du tabac et Altadis vend la branche « allumettes » de la SEITA à FLAM’UP.